Centre d'écologie appliquée du Hainaut

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jeudi 11 mai 2017

Bulletin N° 86 - Mars 2017

Nicolas Hulot, Marion Cotillard, Pierre Rabhi... signent l’appel du monde de demain

Militants, artistes et membres des mouvements associatifs lancent un appel aux citoyens comme aux candidats à se mobiliser et à imaginer qu’un autre monde est possible

Par Collectif

Par Collectif Nous, signataires de cet appel, ne croyons pas que les responsables politiques seuls ont le pouvoir de transformer la société. Il n’existe pas d’homme ou de femme providentiels.

Pour que les responsables politiques et économiques engagent des changements, ils ont besoin d’être portés, accompagnés, contraints parfois, par un mouvement puissant, par des millions de personnes qui s’unissent et s’engagent dans leur quotidien.

Nous sommes face à un choix historique.

Choisir le monde dans lequel nous vivrons dans les décennies qui viennent ou ne pas choisir et laisser les événements suivre leur cours.

Ce qui, au regard de l’écrasante majorité des données scientifiques que nous connaissons, ressemblera à peu près à cela: disparition d’une grande part des animaux sauvages, des forêts, de milliers d’espèces sur terre et dans les mers, augmentation des sécheresses, des inondations, des tornades, des typhons, territoires submergés, millions de réfugiés lancés sur les routes à la recherche d’un endroit où vivre, de moins en moins d’eau, des émeutes de la faim, des conflits pour s’approprier les ressources naturelles, une aggravation des inégalités, des tensions sociales et géopolitiques, des violences de toutes sortes parmi lesquelles le terrorisme, une explosion de la dette, des chocs économiques à répétition, du chômage… Inutile de continuer, et de dire où pourrait nous conduire cette litanie. Nous le savons. Ou nous devrions le savoir.

Alors qu’attendons-nous ?

Nous connaissons la plupart des solutions à nos problèmes, mais nous ne les mettons pas en place parce que les responsables politiques ne sont pas d’accord, parce que les grands industriels, les syndicats ou les administrations ne sont pas d’accord, parce que nous n’avons pas le temps, parce que c’est trop cher, parce que c’est compliqué, parce que, tout de même, nous ne sommes pas vraiment certains que tout cela soit si catastrophique…

En réalité, nous attendons souvent que quelqu’un s’y mette pour nous.

Nous en avons assez d’attendre que la catastrophe arrive.

Nous avons tant de choses à faire et tellement de potentialités pour y parvenir. Nettoyer les océans, replanter les forêts, produire une nourriture saine pour tous, en régénérant les sols et la biodiversité, faire en sorte que chaque être humain soit abrité, soigné, éduqué, produire de l’énergie renouvelable en abondance sans détruire les écosystèmes, réduire drastiquement notre consommation, trouver les moyens de fabriquer les objets de demain avec les déchets d’aujourd’hui, inventer les moyens les plus simples et les plus sains de vivre sur cette petite planète sans en épuiser les ressources ou en perturber les équilibres.

Nous savons faire tout cela. Peut-être pas encore aussi bien qu’il le faudrait, mais ce n’est qu’une question de temps et d’investissement. Nous réussissons ce que nous choisissons d’entreprendre, l’Histoire nous l’a montré, maintes fois. Nous avons calculé que toutes ces activités peuvent créer des centaines de millions d’emplois passionnants à travers le monde, redonner du sens à nos existences, à nos sociétés, y apporter la sécurité et la paix…

La question est de savoir ce que nous voulons vraiment.

Oui, mais comment démarrer ?

Nous sommes nombreux à être traversés par le découragement, la résignation, le cynisme parfois. Nous serions trop petits, trop faibles face aux gigantesques mécanismes à l’œuvre. Mais personne n’a traversé les océans, aboli l’esclavage, trouvé des traitements à des maladies en se répétant que rien ne changera jamais. Aujourd’hui, nous avons besoin de nous mobiliser comme jamais aucune communauté humaine avant nous. Nous avons besoin de déployer des trésors de créativité, de solidarité, d’intelligence. De sortir de nos intérêts personnels pour embrasser l’intérêt de tous. D’une certaine façon, rien n’est plus exaltant. Il y a là de quoi satisfaire nos besoins d’héroïsme bien plus intelligemment que toutes les guerres de ces derniers millénaires.

Le chemin ne sera ni court ni facile.

Nous aurons besoin de remporter des luttes démocratiques, de traverser des ruptures, d’avoir des idées radicalement nouvelles, d’apprendre à travailler ensemble malgré nos différences…

Nous aurons besoin de tous : élus, entrepreneurs, salariés, fonctionnaires, penseurs, artistes, mères ou pères au foyer, retraités, enfants, riches, pauvres, Français et étrangers…

Nous aurons besoin de projets pionniers et de lois accélérant la transition, d’investissements financiers et de changements personnels.

La bonne nouvelle est que nous sommes des millions en France, des milliards dans le monde et qu’en quelques décennies nous pourrions réorienter l’Histoire.

Aujourd’hui, nous vous appelons à rejoindre les millions de personnes qui se sont déjà mises au travail.

Nous vous appelons à vous informer, à lire, à écouter, à rencontrer, pour vous faire votre propre idée sur toutes ces questions.

Nous vous appelons à faire tout ce qui est possible dans votre quotidien, pour limiter notre impact sur la planète et les êtres humains.

Nous vous appelons à repenser votre métier : à faire ce qui vous passionne, ce pour quoi vous êtes vraiment doué et de vous servir de ce talent pour construire un monde plus juste et plus durable.

Nous vous appelons à vous regrouper, là où vous vivez, là où vous travaillez, pour porter des projets d’avenir, pour réunir ceux qui sont séparés, pour aider ceux qui sont les plus fragiles.

Nous vous appelons à vous mobiliser pour vous opposer aux lois qui exploitent la nature ou les êtres humains, pour porter de nouvelles idées jusque dans les sphères politiques.

Nous vous appelons à soutenir ceux qui portent déjà ces idées dans le champ politique, économique ou associatif.

Nous appelons les candidats partageant ces idées à se rassembler et à porter ensemble un projet pour transformer la France et l’Europe.

Nous vous appelons à rêver qu’un autre monde est possible.

Et à vous unir pour concrétiser ce rêve.

Signataires : Cyril Dion (auteur, réalisateur, cofondateur du mouvement Colibris), Pierre Rabhi (écrivain, agroécologiste, fondateur du mouvement Colibris), Nicolas Hulot (président de la Fondation Nicolas Hulot), Thierry Kuhn (président d’Emmaüs), Jean-François Julliard (directeur général de Greenpeace France), Cyril Lage (fondateur de Parlement & citoyens), Maxime de Rostolan (directeur de Fermes d’avenir), Martin Rieussec (Les Jours heureux), Thierry Salomon (viceprésident de l’Association négaWatt), Patrick Viveret (philosophe), Matthieu Chedid (chanteur, auteur compositeur), Marion Cotillard (actrice), Gaël Faure (chanteur), Arthur H (chanteur, auteur compositeur), Nancy Huston (écrivain), Mélanie Laurent (actrice, réalisatrice), Emily Loizeau (chanteuse, auteurcompositrice), Pierre Niney (acteur), Jérôme Pitorin (animateur et réalisateur), Marie-Monique Robin (auteur et réalisatrice), Olivier De Schutter (ancien rapporteur de l’ONU pour le droit à l’alimentation), Joël Labbé (sénateur), Eric Piolle (maire de Grenoble), Françoise Nyssen (présidente d’Actes Sud), Emmanuel Druon (président de Pocheco), Eric de Kermel (directeur de Bayard Nature et territoires), François Lemarchand (fondateur de Nature et découvertes), Christophe André (auteur et psychiatre).

Le Monde – 1er février 2017

Bulletin N° 86 - Mars 2017

« POUR UNE ÉCONOMIE NON-VIOLENTE »

- Cécile Lamarque - Les Amis de la Terre -

« Penser globalement, agir localement » est un slogan qui caractérise les Amis de la Terre depuis leur création. Cette revue, intitulée « Pour une économie non-violente », est une nouvelle illustration de ce besoin de disposer d’une analyse globale du monde dans lequel nous vivons afin d’en comprendre les grands enjeux et de définir des pistes douces ou radicales de changements à tous les niveaux d’engagement : individuel, collectif, sociétal. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas pris à bras le corps cet énorme morceau qu’est devenu notre système économique capitaliste qui a envahi presque tous les coins de la planète et presque toutes les dimensions de notre vie : tout s’achète et tout se vend. La redéfinition, l’année passée, de nos trois grands axes de travail pour les années 2016-2020 (1) a ramené sur le devant de la scène notre besoin de redéfinir notre rapport au système économique à travers l’axe « Pour une économie non-violente ». Et comment mieux entamer nos réflexions et nos actions qu’à partir d’une revue qui brosse la situation actuelle de notre économie en n’oubliant pas de mettre en évidence les alternatives enthousiasmantes à cette Méga-machine.

Pour une économie non-violente, c’est d’abord prendre conscience que nous vivons dans une économie violente et les exemples ne manquent pas :
En 2015, 62 personnes possédaient autant de richesses que 3,6 milliards de personnes (soit la moitié la plus pauvre de l'humanité).

- En 2014, la part, toujours croissante, du patrimoine mondial détenu par les 1 % les plus fortunés a atteint 48 %. La quasi-totalité des 52 % de patrimoine restant est aux mains des 20 % les plus riches. 80 % de la population mondiale doit donc se contenter de 5,5 % des richesses. Les politiques des gouvernements et institutions internationales (FMI, Banque mondiale, etc.), qui se gargarisent de lutter contre la pauvreté, engendrent des inégalités jamais atteintes dans l’histoire.

- La spéculation financière, qui provoqua, entre autres tributs, la crise alimentaire de 2007-2008, a fait basculer plus de 100 millions de personnes dans la misère et la faim.

- Des centaines de millions d’hectares sont consacrés à la production massive d’agrocarburants en dépossédant des dizaines de millions de paysans de leurs terres, en détruisant la biodiversité, en polluant les sols et contaminant les eaux.

- L’émission de gaz à effet de serre ne cesse de croître tout en dévastant les puits de leur absorption (les forêts, les océans).

- La fragilisation des écosystèmes est telle qu’une vague d'extinction des espèces vivantes sans précédent depuis la disparition des dinosaures, il y a 65 millions d'années, est en cours.

Et tout cela s’appuie sur des lobbys auprès des parlementaires, des gouvernements, des instances régionales et internationales, qui visent à ce que les droits du marché prévalent sur ceux de la vie. Mais aussi sur l’érection de murs, sur la mobilisation des forces de l’ordre pour exclure des populations qui fuient les conditions de misère provoquées en grande partie par ceux-là même qui les excluent. Ou encore sur des bases militaires présentent partout sur la planète qui assurent le contrôle des ressources naturelles. Et enfin, sur le déclenchement de guerres pour garantir ce contrôle quand cela s’impose !

Promouvoir une économie qui crée d’immenses richesses en ignorant les externalités, c’est-à-dire les dommages écologiques et sociaux qui n’entrent pas dans le calcul économique, est intolérable.

La liste des méfaits et autres crimes contre l'humanité et la nature menés par une minorité égoïste et avide est longue. Elle recouvre les cinq siècles écoulés, marqués par l’imposition au monde du mode de production capitaliste. En effet, si la violence est omniprésente dans l’histoire de l’humanité, la découverte du « nouveau monde » en 1492 est souvent présentée comme la date symbolique qui a vu basculer le monde dans un processus de spoliation des peuples et des ressources sans précédent, et qui perdure encore aujourd’hui.

La vie prospère sur notre planète depuis près de 4 milliards d'année. Contrairement à ce qu’affirment certains idéologues, le capitalisme n’est pas la destinée « naturelle » de toute société humaine ; il est plutôt une erreur historique relativement récente. Rien d’incongru, donc, à imaginer son abandon et à tordre le cou à la célèbre expression de Margaret Thatcher « There Is No Alternative ».

L’absurdité et la violence intrinsèque de notre système économique, qui fait proliférer des biens inutiles, ignore les vrais besoins humains, exploite impunément la nature et amplifie les inégalités entre les individus, est inacceptable. En outre, sur une planète dont les limites ont déjà été dépassées, sortir d'un système qui compromet dangereusement le fragile équilibre écologique et la vie sur terre n'est pas une option mais une nécessité.

Face à cette économie de prédation et de dépossession, nous proposons et soutenons une « économie non-violente ». Encourager l'émergence d'une « économie non-violente », c'est inviter à un changement radical de direction. Le point de départ est l'inévitable réduction de la pression sur la biosphère. Si notre espèce veut perdurer, il est nécessaire de replacer l'économie au service de la vie : ce qui est produit doit satisfaire les besoins humains selon des critères d'équité et dans le respect des limites écologiques locales et globales.

Il est nécessaire, aussi, de reconsidérer le rapport entre l’humain et la nature : passer de son exploitation à son respect comme source de la vie. Replacer l'humain au sein de la nature, c'est-à-dire comme appartenant à la nature au même titre que les autres espèces. Il peut dès lors y laisser son empreinte pourvu qu'elle ne soit pas néfaste pour l’environnement, et donc pour lui-même.

Cela implique, enfin, de reconsidérer nos relations les uns à l'égard des autres. Cette économie se veut centrée sur la satisfaction des besoins, pas des désirs : la préoccupation collective de premier ordre est non plus la croissance mais l'amélioration de la qualité de vie et du bien-être de toutes et tous.

La non-violence, comme dimension constitutive des rapports humains, exige que l’on mette un terme aux causes de la violence, c’est-à-dire aux structures économiques, sociales et politiques qui oppriment les personnes et les peuples. À cette fin, précisons que la non-violence, ce n'est pas éviter ou ignorer les conflits, tout du contraire. C’est rejeter la passivité et la soumission, c'est mener des actions efficaces quand il s'agit de s'opposer à des injustices et défendre les droits humains, c'est agir positivement pour résister à l’oppression et faire naître le changement.

Concevoir de nouvelles formes d'organisations sociales et économiques, compatibles avec l'épanouissement de toutes et tous, est nécessaire mais non suffisant. La violence de la société est le reflet d'une violence qui existe aussi à l'intérieur de nous. Dès lors, cette volonté de transformation sociétale doit aller de pair avec une transformation intérieure, avec une autre manière d'être au monde, de la part de chacune et chacun d'entre nous.

Utopie tout cela ? Utopie nécessaire pour assurer la survie de l’humanité et de la planète. Et cette utopie est déjà là en germe. Partout sur la planète, des femmes et des hommes refusent et combattent l'injustice. Partout, des alternatives sociales, économiques, démocratiques et écologiques se mettent en place. Bien que partielles et insuffisantes, ces alternatives nous aident à rompre avec le fatalisme et constituent des sources d'inspiration pour nos actions individuelles et collectives. Beaucoup sont simples, cohérentes et pourraient être mises en œuvre dès aujourd’hui avec un peu de volonté politique.

Cette revue se veut une contribution à cette utopie souhaitable et nécessaire. Elle invite à découvrir et apprécier ce « déjà-là », les germes de ce que pourrait être une « économie non-violente ». Nous l'avons articulée autour du « REV » (Résistance, Expérimentation, Vision) proposé par Patrick Viveret. Le REV pose le caractère inséparable et interdépendant de ces trois éléments pour atteindre un trépied émancipateur : « Une résistance sans perspective et sans expérimentation devient une simple révolte souvent désespérée et désespérante. Une vision transformatrice sans résistance et sans expérimentation devient un simple horizon idéal sans traduction incarnée. Une expérimentation coupée de la résistance créative et de la vision transformatrice devient une soupape de sûreté ou une caution du système dominant sans capacité à le transformer ».

Cette revue se veut inclusive et rassembleuse. Du fait des contraintes éditoriales, il y a pourtant de nombreux absents. Du Buen Vivir des peuples autochtones andins aux principes gandhiens de Sarvodaya et Satyagraha portés par les mouvements populaires en Inde, nombre de visions et mouvements, porteurs de cette nouvelle humanité, n'ont pu y être présentés. Ils nourrissent néanmoins notre engagement.

Les questions des normes véhiculées par nos sociétés, celles de la reconnaissance, de l'inclusion et de l'épanouissement de toutes et tous - indépendamment des cultures, des religions, des différences, des handicaps, etc. - sont au cœur des défis à relever pour une nouvelle humanité. La société à laquelle nous aspirons est une société avec, par et pour les « sans » (terre, « papier », toit, etc.), les exclus, les opprimés, les marginalisés, les mis à l'écart, les niés, les passés sous silence, etc. À défaut de pouvoir mettre suffisamment de mots sur ces questions, ces vécus, ces combats, nous proposons une courte mais vivifiante traversée en images au côté du Créahm et de ses artistes. Le Créahm est une association dont l’objectif est de révéler et de déployer des formes d’art produites par des personnes handicapées mentales. L'objectif artistique est aussi sociétal et politique : l’espoir et la volonté de tendre vers une société où la différence - ici celle du handicap mental - est véritablement accueillie. Vous pourrez apprécier au fil des pages les créations de certains de ces artistes : des univers artistiques d’une extrême richesse.

Enfin, si cette transition peut parfois nous sembler lente et laborieuse, les Amis de la Terre souhaitent, par cette revue, en faire partager l’urgence et l’heureuse nécessité !

Le générique masculin est utilisé dans cette revue sans aucune discrimination et uniquement dans le but d’alléger le texte.

(1) « Pour une Terre vivante », « Pour une vie plus simple », « Pour une économie non-violente ».

Les Amis de la Terre - Belgique
ASBL, Rue Nanon, 98 à 5000 Namur

081 39 06 39 - contact chez amisdelaterre.be

Banque Triodos - IBAN BE65.5230.8002.7196 - BIC TRIOBEBB - « TVA » BE 0416.061.803

Bulletin N° 86 - Mars 2017

Du nectar et des données Si les abeilles, avec leur miel, nous nourrissent depuis des siècles, elles nous fourniront également désormais des informations capitales quant à la qualité de notre environnement. Pouvant butiner annuellement jusqu'à 4 milliards de fleurs sur une surface moyenne de 1,5 km, les abeilles ramènent, au sein de la ruche, du nectar et de l'eau prélevés sur ces fleurs. D'où l'idée de relever des échantillons, de les analyser et de récolter ainsi de précieuses données relatives aux pesticides et métaux lourds ainsi qu'à la diversité végétale et à sa qualité nutritionnelle pour les pollinisateurs. Une fois traitées, ces informations ser-viront à dresser un état des lieux afin de prendre éventuellement des mesures en cas d'atteintes à l'environnement. C'est ce que conduit actuellement Beeodiversity, au niveau de la Région de Bruxelles-Capitale, en coopération avec des entreprises comme Ella, Tractebel, Sodexo, etc. Ce monitoring permettra de cartographier les zones à risques; d'aménager les espaces verts; d'informer les autorités et les for vives ou encore, d'identifier l'origine des pesticides et métaux lourds. Si actuellement, Beeodiversity a installé 10 places de monitoring, l'ambition du projet est d'avoir une quinzaine de sites de veille en région bruxelloise et de couvrir 80% de la région. www.beeodiversity.com Athena – Décembre 2016

Les feux d'artifice provoquent un pic de pollution Les feux d'artifice du réveillon ont provoqué un dangereux pic de pollution dans plusieurs villes allemandes. Les activistes environnementaux veulent en restreindre l'utilisation future par la loi. A Munich, la pollution de l'air mesurée était 26 fois supérieure à la limite européenne recommandée. Les feux d'artifice ont émis 4.000 tonnes de particules fines (PM10) dans l'air, soit l'équivalent de 15% des émissions annuelles des véhicules. Les particules fines sont particulièrement nuisibles aux personnes atteintes d'asthme ou de problèmes cardiaques. Le problème ne s'est par contre pas posé en Belgique, selon Frans Fierens de la Cellule interrégionale de l'environnement (CELINE). Le Soir – 5 janvier 2017

Le mystère des nuages est en voie de résolution La compréhension fine de la formation des nuages est à ce jour le principal verrou pour la prédiction du climat de demain. Les chercheurs peinent en effet à comprendre comment les multiples molécules chimiques peuplant l'atmosphère commencent à agréger des molécules d'eau, un processus baptisé nucléation, qui conduit à la formation des nuages. Une expérience baptisée Cloud, menée au Cern de Genève, et qui reproduit en laboratoire aussi fidèlement que possible les conditions de la haute atmosphère (froid extrême, rayonnement ultraviolet intense, flux de particules énergétiques, gaz multiples à une densité très faible), vient de livrer des résultats fascinants sur la question. "Nous avons constaté que le soufre, que nous pensions indispensable à la nucléation, ne l'est pas, et que des composés organiques, naturels ou d'origine humaine, jouent un rôle important. Cela suggère qu'il y avait plus de nuages avant la révolution industrielle que ce que nous croyions", indique Urs Baltensperger, l'un des auteurs de ce travail, qui est en train de confirmer ces résultats avec des mesures dans des sites d'altitude. "Cela pourrait rendre moins probables les réchauffements les plus extrêmes prévus par les modèles climatiques. " Science & Vie – Janvier 2017

C'est prouvé: la santé d'une forêt est liée à la diversité de ses arbres Plus une parcelle forestière contient d'espèces, plus elle est productive - autrement dit, plus elle fabrique de matière végétale au mètre carré. Voilà ce que vient d'établir une étude d'une ampleur inédite conduite par le projet international GFBI (Global Forest Biodiversity Initiative), à partir des données de 780 000 parcelles réparties dans 44 pays. En dépit de la grande diversité de forêts impliquées, qui vont de l'Amazonie à l'Arctique, en passant par la Méditerranée, la règle s'est confirmée partout, avec plus ou moins de force. « C'est quelque chose que l'on soupçonnait, car plus d'espèces signifie une meilleure exploitation des ressources et une meilleure résistance aux chocs écologiques, comme les sécheresses ou les maladies », précise Bruno Hérault, chercheur au Cirad en Guyane et coauteur de l'étude. Mais de l'avoir démontré à pareille échelle devrait définitivement tordre le cou à l'idée, répandue selon lui parmi les forestiers, que la parcelle la plus productive est celle où tous les arbres appartiennent à la même espèce. « De plus, rappelle-t-il, la biodiversité est une assurance contre le changement climatique : si l'on a plus d'espèces, on a plus de chances que la forêt résiste bien au réchauffement. » Science & Vie – Janvier 2017

Le plus grand sanctuaire marin en Antarctique La mer de Ross, une immense baie de l'Antarctique, accueillera le plus grand sanctuaire marin, vaste de plus de 1,55 million de kilomètres carrés (soit presque 50 fois la taille de la Belgique), dont 1,12 million de kilomètres carrés interdits à la pêche. L'océan Antarctique couvre 15 % de la surface des océans. Il abrite des écosystèmes exceptionnels et accueille plus de 10 000 espèces uniques. La mer de Ross, particulièrement éloignée des routes maritimes, est restée jusqu'à présent remarquablement préservée, mais commençait à être menacée par les pêcheurs industriels qui venaient s'approvisionner en légine, poisson à haute valeur commerciale en raison de sa chair blanche, en krill (minuscules crevettes dévorées par les baleines) et en petits rorquals australs particulièrement prisés au Japon. Ce projet, défendu par les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande et approuvé par la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique, prendra effet en octobre prochain pour une durée de 35 ans. La France et l'Australie proposent maintenant de créer une seconde zone marine, dans l'est de l'Antarctique, couvrant un million de kilomètres carrés. Le projet pourrait être accepté à la fin de l'année. Imagine – Janvier/Février 2017

Il sera difficile de faire rentrer le génie génétique dans sa lampe… Elles sont 150 ONG, toutes signataires d'une pétition appelant à un moratoire sur le "forçage génétique" (gène drives, en anglais). One toute récente technique, qui permet d'imposer un caractère nouveau à la totalité d'une espèce sauvage. Au point, potentiellement, de la détruire - comme le proposent certains projets de lutte contre les moustiques ou les souris. Pour ces ONG, les conséquences d'une modification du patrimoine génétique d'une espèce entière sont imprévisibles. Ne risque-t-elle pas d'être transmise à d'autres espèces au gré d'hybridations incontrôlables? Par quoi seraient remplacées les espèces éliminées? Comment gérer une espèce nuisible ici, mais bénéfique ailleurs? Qui serait responsable juridiquement en cas de dégâts? Autant de questions auxquelles il est urgent de répondre. Pourtant, le moratoire demandé a peu de chances de voir le jour. Le génie génétique sera bien difficile à faire rentrer dans sa lampe! D'abord parce que la mise en œuvre du forçage génétique n'a plus rien d'un secret bien gardé: elle a déjà été dévoilée en détail dans la littérature scientifique publique. De plus, elle est largement facilitée par la technologie de "réécriture" du génome CRISPR-Cas9, dont beaucoup d'équipes profitent déjà. Enfin, certaines recherches travaillent désormais à la fabrication d'antidotes génétiques au for-çage... ce qui suppose justement de manipuler ces technologies. Une nouvelle illustration que la biologie devient de plus en plus difficile à réguler, alors même que ses pouvoirs inédits nécessiteraient davantage de contrôle. Science & Vie – Février 2017

3,8% C’est le plafond que veut fixer Bruxelles pour la part des biocarburants de première génération dans les transports d’ici à 2030 (7% en 2020). Prenant ainsi acte de leurs mauvais chiffres en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Science & Vie – Février 2017

En Europe, l'éolien dépasse le charbon Les capacités installées en Europe d'énergie éolienne ont dépassé en 2016 celles des centrales à charbon, selon des données publiées jeudi 9 février par les industriels du secteur. Avec une capacité installée totale de 153,7 gigawatts (GW), l'énergie éolienne dépasse désormais le charbon pour devenir le deuxième plus grand parc de capacité de production d'électricité en Europe. En 2016, 12,5 GW de nouvelles capacités éoliennes ont été installées, en baisse de 3% sur un an, mais elles ont représenté plus de la moitié (51 %) de l'ensemble des nouvelles capacités de production de courant mises en service, toutes énergies confondues. Cependant, l'énergie du vent n'a représenté que 10,4% de la consommation européenne d'électricité, du fait d'un rendement inférieur aux énergies conventionnelles. Le Monde – 10 février 2017

Fukushima: chiffres clés pour le sixième anniversaire Le 11 mars 2011 débutait l’accident nucléaire de Fukushima, un accident industriel majeur qui a débuté le 11 mars 2011 au Japon, à la suite du séisme et du tsunami de 2011. Depuis, on ne fait que ce rendre compte que les conséquences sont terribles. Un accident nucléaire est possible et est une véritable catastrophe. Le nier comme le font le secteur et les pro-nucléaires est quasi criminel. Le nucléaire est une erreur du passé. L’avenir c’est la sobriété et les énergies renouvelables. Un site internet fait un suivi scrupuleux de l’évolution des choses : l’ACROnique de Fukushima, la catastrophe au jour le jour. Inter Environnement Wallonie – 11 mars 2017

Le Parlement européen balise le chemin vers une économie circulaire Ce mardi 14 mars, les membres du Parlement européen ont procédé à un vote important visant une utilisation des ressources plus efficace. Quatre rapports sur des piliers essentiels du Paquet Economie Circulaire ont été adoptés en plénière. Les ambitions soutenues par le Parlement constituent un signal fort pour mettre fin au gaspillage de ressources en Europe. Après un faux départ et plus de deux ans de discussions, le Parlement européen a adopté hier en plénière différents rapports, pièces maîtresses concrétisant la transition vers une économie plus circulaire. Les réformes touchent la Directive Cadre sur les déchets, la directive sur les emballages, les véhicules hors d’usage et les déchets électriques et électroniques (DEEE). Les eurodéputés ont appuyé une série d’objectifs ambitieux notamment en matière de recyclage et de gaspillage alimentaire. A l’horizon 2030, sont visés : Un objectif de 70% de recyclage des déchets municipaux (contre 65% visés au cours des discussions précédentes); Un objectif de 80% de recyclage des emballages; Un plafond de 5% des déchets qui pourront être mis en décharge; Une collecte sélective obligatoire pour les déchets organiques, les textiles et les huiles usagées; Un renforcement d’instruments économiques décourageant la mise en CET et l’incinération ou incitant au mécanisme de consignes; Des restrictions quant à la présence de substances dangereuses dans les déchets. En matière de gaspillage alimentaire, les députés ont également fait preuve d’ambition avec un objectif de réduire de 50% le gaspillage de nourriture pour 2030… mais celui-ci n’est actuellement pas contraignant. Une clause propose néanmoins un réexamen en 2020 pour rendre cet objectif contraignant. Autre regret, les députés n’ont pas soutenu un objectif de réduction des déchets marins alors que ceux-ci constituent un problème environnemental majeur. Ce vote lance toutefois un signal important vers les décideurs européens et il reste à espérer que les discussions en trilogue (Conseil européen, Commission, Parlement) ces prochains mois n’affaibliront pas ces objectifs. Inter Environnemnt Wallonie – 16 mars 2017

Bulletin N° 86 - Mars 2017

EDITORIAL

Animations sur l’écosystème « mare »
au Camping d’Epinois du 2 au 5 mai

Stage Découverte de la nature
à l’Abbaye de Saint-Denis du 10 au 14 juillet

ARTICLES

Nicolas Hulot, Marion Cotillard, Pierre Rabhi…
signent l’appel du monde de demain

Pour une économie non violente
Cécile Lamarque

COP 22 : il est urgent d’agir
Paul Devuyst

Faire revenir à la vie des sols presque morts
Entretien avec Claude Grison

Une planète à la mer
Camille Delannois

Pollution – Elle s’attaque aux cerveaux
L’événement S&V - Janvier 2017

REVUE DE LA PRESSE

 ENERGIE

Se chauffer avec les entrailles de la Terre
Imagine – Mars/Avril 2017

Fukushima, 100% renouvelable en 2040
Imagine – Mars/Avril 2017

 CLIMAT

Quinze mois au pôle Nord pour capter son climat
Le Soir – 02/03/17

« Les concentrations de méthane sont reparties à la hausse depuis 2007 »
La Recherche - Février 2017

 ENVIRONNEMENT

Allô la Terre, ici les plantes…
La Libre Belgique – 02/01/17

Trop de smartphones nuit à la planète
Le Soir – 28/02/17

 AGROECOLOGIE

Permaculture : un autre regard sur la vie
L’Avenir – 13/02/17

L’agriculture s’invite en ville
Le Vif – 17/02/17

L’agroécologie peut réconcilier tous les acteurs
Le Monde – 04/03/17

Les pesticides ne sont pas indispensables
Le Soir – 08/03/17

 BIODIVERSITÉ

Un retour probable du canis lupus en Wallonie
Imagine – Janvier/Février 2017

Où trouver les richesses naturelles aclotes
Le Soir – 02/03/17

 POLLUTION

Initiative citoyenne contre le glyphosate
Le Monde – 10/02/17

Les abysses souillés par la pollution humaine
Le Soir – 15/02/17

 NOUVELLES BREVES

Manifeste pour une finance responsable et solidaire, respectueuse de l’homme et de l’environnement Lisez et, si vous êtes d’accord, signez-le et renvoyez-le à Financité

Bulletin N° 86 - Mars 2017

Chers membres, Voici un bulletin qui plaira certainement à tous les écologues soucieux de l'environnement global puisqu'il y est totalement consacré, en espérant que les lecteurs envisagent ces articles avec réflexion.

Je me permets de souligner la lecture de l'interview de Madame Claude Grison concernant la mise en recherche d'expériences sur les plantes susceptibles de dépolluer les sols gorgés d'éléments lourds d'autant plus que feu Monsieur Duvigneaud, botaniste éminent et moi-même avions déjà proposé ce genre d'expérience pour les haldes calaminaires de l'extrême est de la Wallonie il y a une vingtaine d'années mais qu'à notre connaissance aucun jeune botaniste n'a encore envisagé chez nous. Espérons que cet article soit un appel à ce genre d'étude.

Bonne saison de printemps-été à tous.

Le Président

mercredi 3 mai 2017

Invitation

Wallonie Week-ends Bienvenue.

Les wallons vous ouvrent leurs portes le week-end du 20 et 21 mai.

Andrée et Michel Alsteen vous invitent à venir visiter leur camping à Epinois près de Binche (44, rue bois Tonnin).

De nombreuses activités vous seront proposées durant ces deux jours :

De l'épuration à la poterie en passant par bien d'autres choses.

Toutes les informations sur : www.walloniebienvenue.be

lundi 20 février 2017

Repair Café

À propos du Repair Café
https://repaircafe.org/fr/a-propos-du-repair-cafe/

C’est quoi un Repair Café ?
Réparer ensemble gratuitement, c’est l’idée des Repair Cafés dont l’entrée est ouverte à tous. Outils et matériel sont disponibles à l’endroit où est organisé le Repair Café, pour faire toutes les réparations possibles et imaginables. Vêtements, meubles, appareils électriques, bicyclettes, vaisselle, objets utiles, jouets, et autres. D’autre part sont présents dans le Repair Café des experts bénévoles, qui ont une connaissance et une compétence de la réparation dans toutes sortes de domaines.

On y apporte des objets en mauvais état qu’on a chez soi. Et on se met à l’ouvrage avec les gens du métier. Il y a toujours quelque chose à apprendre au Repair Café. Ceux qui n’ont rien à réparer prennent un café ou un thé, ou aident à réparer un objet appartenant à un autre. On peut aussi toujours y trouver des idées à la table de lecture qui propose des ouvrages sur la réparation et le bricolage.

Il y a des centaines de Repair Cafés partout en Belgique, en France et en Suiss : https://repaircafe.org/fr/visiter/
Vous pouvez visiter un Repair Café près de chez vous, ou pourquoi pas, en organiser un vous-même!

Pourquoi un Repair Café ?
Nous autres, Européens, jetons énormément, également ce qui est à peine abîmé et serait parfaitement utilisable après une simple réparation. Mais pour nombre d’entre-nous, réparer n’est plus chose normale. Nous ne savons plus comment faire. Le savoir-faire en la matière est en voie de disparaître. Ceux et celles qui possèdent encore ces connaissances pratiques ne sont pas toujours appréciés à leur juste valeur dans nos sociétés, et en sont même souvent exclus malgré eux. Leur expérience n’est pas ou presque pas mise à profit.

Le Repair Café change la donne! Ceux qui peut-être seraient autrement laissés pour compte retrouvent leur place. Un précieux savoir-faire se transmet. Les objets remis en état sont plus longtemps utilisables et ne sont plus jetés, réduisant la consommation de matières premières et de l’énergie nécessaires à la fabrication de nouveaux produits. Ce qui réduit aussi les émissions de CO2. Car fabriquer de nouveaux produits – et leur recyclage – produit du CO2.

Le Repair Café apprend aux gens à voir autrement ce qu’ils possèdent, et à en redécouvrir la valeur. Le Repair Café favorise un changement de mentalité, condition première à une société durable construite par tous.

Le Repair Café veut surtout être une expérience ludique, et gratifiante, pour des réparations qui s’avèrent souvent très simples. Venez et essayez !

Qui en a eu l’idée ?
Le Repair Café est une initiative de Martine Postma. Depuis 2007, elle s’investit dans la durabilité au niveau local de toutes les façons possibles. Le 18 octobre 2009, Martine a organisé le tout premier Repair Café à Amsterdam. C’était une réussite éclatante. Pour Martine, ce succès a été la raison pour créer la Fondation Repair Café. Depuis 2011, cette Fondation soutient des groupes locaux tant à l’intérieur qu’à l’extérieur qui veulent commencer leur propre Repair Café. En savoir plus sur la naissance du Repair Café? Lisez le livre (en néerlandais, pour l’instant) que Martine en a écrit. Ou invitez Martine pour donner une conférence dans votre entreprise ou organisation.

Un mouvement mondial
Tous les Repair Cafés se sont désormais réunis dans un mouvement mondial qui s’investit pour préserver dans notre société la connaissance et le savoir-faire de la réparation. En même temps, il lutte pour la fabrication des produits qui sont mieux réparables. Outre des Repair Cafés aux Pays-Bas, il y en a en Belgique, en Allemagne, en France, en Royaume-Uni, aux États-Unis et dans plusieurs pays partout dans le monde. Le Repair Café est même arrivé en Inde et au Japon !

La Fondation Repair Café Internationale a deux partenaires en Belgique : Netwerk Bewust Verbruiken soutient la propagation du Repair Café en Flandre, Repair Together s’en occupe en Wallonie. Ces deux partenaires coopèrent à Bruxelles.

Les réparateurs professionnels n’ont-ils pas à craindre une concurrence ?
On pose parfois à la Fondation Repair Café la question de savoir si ces rencontres de réparation gratuite ne font pas concurrence aux réparateurs professionnels. La réponse est la suivante : bien au contraire! Les Repair Cafés organisés dans tout le pays visent à porter l’attention du public sur le fait que les choses sont réparables. Les visiteurs sont régulièrement réorientés vers les (rares) réparateurs (encore) en exercice.

La plupart des clients du Repair Café ne sont pas ceux qui généralement vont chez les professionnels de réparation. Ils disent jeter généralement les choses cassées immédiatement, car les faire réparer coûte trop cher. Au Repair Café, ils découvrent qu’il y a des alternatives au tout-jetable.

lundi 16 janvier 2017

Bulletin N° 85 - Décembre 2016

COMPTE-RENDU DES ACTIVITES DU DERNIER SEMESTRE
  -Bernadette Lamblin     -

  La période estivale de nos activités a commencé par la 7ème édition de notre stage à l’Abbaye de Saint-Denis pour les enfants de 9 à 12 ans, suivie par deux animations demandées par la Ville de Mons pour les plaines de jeux d’Havré.  Ces deux demi-jours pour les enfants de 6 à 9 ans et 9 à 12 ans se sont déroulés dans le bois d’Havré.  La Ville de Mons nous a, à nouveau, conviés à participer le 25 juin aux Feux de la Saint-Jean pour y animer un stand.

  Deux autres stages demandés par le Parc Naturel des Plaines de l’Escaut ont suivi.  Le premier pour les enfants de 9 à 12 ans, le deuxième pour les enfants de 6 à 9 ans.  Ces trois stages se sont déroulés sous une météo clémente, avec l’aide précieuse de Cindy, une stagiaire en vue de l’obtention de son brevet d’animatrice en centre de vacances (BACV).

           Une journée guidée par Monsieur Fourneau avait été programmée le 18 juin.  La matinée était consacrée à la visite du géo-sentier de Vierves et l’après-midi à l’exploration du site Le Fondry des Chiens à Nismes.  La matinée s’est  bien déroulée, mais à cause de la pluie nous avons dû renoncer à l’activité de l’après-midi pour des raisons de sécurité.

 Ce n’était que partie remise, le 17 septembre une deuxième journée a été programmée.  Au menu, le matin une excursion en Ardenne et l’après-midi en Calestienne sur les sites : le Fondry des Chiens et la Roche trouée (demander le compte-rendu de Christiane Devleminckx, élève guide-nature de la section de Bonsecours).  Les participants ont été très enthousiasmés et intéressés par ces deux journées et ont remercié chaleureusement Monsieur Founeau.

  Que la nature est belle et généreuse en cette fin d’automne, elle nous offre un tableau magnifique avec sa palette de couleurs et de formes très variées.  Il n’en a pas été de même en début de saison, nos champignons des bois se sont faits attendre nous obligeant pour la première fois à annuler des animations dans les écoles. A cause du manque de précipitations, le mycélium s’est bien gardé de nous offrir ses fructifications.  Tout est ensuite rentré dans l’ordre et la saison champignons s’est prolongée jusqu’en début novembre.

  Voici les écoles participantes : l’école communale de Flénu - vu l’absence de champignons, la directrice a demandé de remplacer les animations champignons par une découverte botanique du terril avec des explications sur le passé minier de la région.  L’école montoise l’Espérance, l’Institut Saint-Ferdinand de Jemappes où nous allons chaque automne ainsi que l’école communale de Baudour. Traditionnellement une exposition tout public était organisée à la Maison du Parc Naturel des Plaines de l’Escaut à Bonsecours mais cette année,  nous avons décidé de privilégier l’exposition et les animations uniquement auprès des écoles pendant une semaine  Cette formule ayant récolté un vif succès sera réitérée l’an prochain.  

Comme chaque année, Andrée et Michel Alsteen nous ont accueillis avec toujours la même disponibilité et de façon chaleureuse dans leur camping à Epinois pour des animations champignons à l’intention des écoles de l’entité de Binche 

    Nous avons également participé au week end au Bois qui se déroulait les 15 et 16 octobre, la Province du Hainaut et plus particulièrement la Ronde Maison de Jurbise nous avaient sollicités pour guider un public nombreux sur les chemins du bois d’Erbisoeul, les participants ont été enchantés par ces balades.  Il est également plus que probable que nous renouvellerons cette collaboration l’an prochain. 

    Durant ce semestre, plusieurs journées ont également été consacrées aux animations sur la pédofaune, l’escale forestière, les sens… au Parc Naturel des Plaines de l’Escaut à Bonsecours.

Photos dans notre bulletin N° 85

Bulletin N° 85 - Décembre 2016

ARMES NUCLÉAIRES : L’AUTRE GRAND DÉFI CLIMATIQUE     
  - Michel Wautelet, Université de Mons -

  Lorsque, en 1983, Crutzen et ses collaborateurs publient leur article sur l’hiver nucléaire, c’est au début d’une nouvelle vision des armes nucléaires que l’on assiste. Jusque là, si on connaissait les effets dévastateurs d’explosions nucléaires isolées, personne n’avait considéré les effets indirects, comme ceux liés au relâchement de poussières, suies et produits chimiques suite aux incendies résultant d’un conflit majeur. Ceux-ci pourraient obscurcir le ciel de la planète pendant plusieurs semaines, empêchant toute photosynthèse et refroidissant l’atmosphère, résultant en un hiver en plein été: l’hiver nucléaire. Les conséquences sur l’environnement, la biosphère et, partant l’humanité, seraient terribles, à savoir l’extinction de nombreuses espèces dont, peut-être, l’espèce humaine. Depuis lors, les modèles se sont affinés, mais le refroidissement généralisé suite à un conflit nucléaire impliquant moins de 1 % des arsenaux nucléaires actuels n’est plus mis en doute. Après leurs études sur l’hiver nucléaire, dès le début des années 1990, les scientifiques ont examiné d’autres phénomènes, dont les effets d’une augmentation de la concentration des gaz à effet de serre. Les résultats sont connus: les changements climatiques.

  Depuis cette époque, avec l’effondrement de l’Union soviétique et la fin de la Guerre froide, les arsenaux nucléaires des grandes puissances ont diminué. Conséquence: la forte baisse d’intérêt des responsables politiques, des médias et des citoyens pour les armes nucléaires. Pourtant, chaque année, c’est plusieurs fois que les armes nucléaires font l’actualité: explosions en Corée du Nord, nucléaire iranien, remplacement de nos F-16 par des avions porteurs d’armes nucléaires, etc. Et il y a encore plusieurs milliers d’armes nucléaires opérationnelles dans les arsenaux des puissances nucléaires. Et leur coûteuse modernisation est en cours. Le ferait-on si certains n’envisageaient pas de les employer, malgré les discours opposés. La dissuasion  nucléaire devrait se satisfaire d’une petite part des arsenaux actuels. 

  L’emploi, même limité, d’armes nucléaires ne manquerait pas d’avoir des conséquences désastreuses sur les hommes et sur l’environnement. Pour s’en convaincre, il suffit déjà de se rendre compte que l’énergie libérée par une bombe nucléaire se compte en centaines de kilotonnes. Une kilotonne correspond à l’explosion de mille tonnes d’explosif classique, comme le TNT. Militairement, la destruction de cibles enterrées est la justification officielle de telles armes. Grâce à l’amélioration de la précision des missiles nucléaires, une bombe de la puissance de celle d’Hiroshima ou Nagasaki serait suffisante. Les effets seraient pourtant désastreux : brûlures au 3ème degré pour les personnes exposées jusqu’à 2 km du lieu de l’explosion, vitres brisées (et donc personnes blessées) jusque 6 km, exposition à des doses mortelles de radiation nucléaire jusque plus d’une dizaine de km, effets sismiques comparables à un séisme de magnitude 6. Sans oublier les effets du nuage radioactif. Tout le monde se souvient de celui de Tchernobyl qui, bien qu’étant à 2000 km de chez nous, a conduit à rentrer le bétail dans les étables et à détruire nombre de légumes verts contaminés. Si une explosion nucléaire avait lieu à la même distance, selon la direction des vents, ce sont des quantités équivalentes de radioactivité (quoique de nature différente) qui nous atteindraient. Par exemple, plusieurs fois plus d’iode-131 sont émis par une explosion nucléaire qu’il n’en a été émis à Tchernobyl. Rappelons que c’est pour contrer les effets de l’iode-131 sur l’organisme que des pilules seront bientôt distribuées partout en Belgique, en cas d’accident nucléaire civil. C’est à tous les habitants des zones en conflit potentiel et éloignés qu’il faudrait distribuer de telles pilules. Dire qu’une arme nucléaire n’aurait que des effets locaux est un mensonge largement répandu, mais qui ne résiste pas à une analyse scientifique. 

  Et que dire d’un emploi massif d’armes nucléaires. La doctrine proclamée par l’OTAN et les autres grandes puissances nucléaires est le non-emploi en premier. Mais dans une étape de tension extrême requérant l’emploi possible de l’arme nucléaire, que signifie vraiment le concept? Et quid des conséquences d’un lâcher accidentel en cas de tension internationale? La riposte serait alors justifiée. Dans ce cas, les conséquences seraient mondiales. Obscurcissement et refroidissement général, pollution chimique mondiale, modification du climat. Ce serait à un scénario bien plus grave que tous ceux prédits par les modèles actuels du réchauffement climatique que l’on observerait. Avec, en prime, l’extinction  possible de l’humanité.

  Dans son récent discours à Hiroshima, Barack Obama a, très hypocritement, plaidé pour un monde dénucléarisé. Plus de septante ans après les bombardements nucléaires d’Hiroshima et de Nagasaki, alors que tout le monde connaît les effets désastreux pour l’homme et l’environnement de l’emploi, même local, des armes nucléaires, il est temps que l’on se mobilise pour éradiquer cette menace majeure sur le futur de la vie sur Terre que sont les arsenaux nucléaires. 

Carte blanche - 7 juin 2016

Bulletin N° 85 - Décembre 2016

Les Rièzes

  Au Pays des Rièzes et des Sarts - Annales d'histoire locale 30ème Année - N° 120            1990

    En parcourant le cahier n° 12 des "Etudes Ardennaises" du 1er janvier 1958, un article écrit par Monsieur Henri Manceau, portant le titre "Nos paysages chargés d'histoire" a retenu mon attention.

Je dirai même qu'une partie de cet article m'a stupéfié et m'a rempli d'étonnement puis de doute.

Monsieur Manceau décrit notre pays des Rièzes comme suit : "Une autre formation "naturelle", si l'on peut dire, c'est la Rièze des plateaux ardennais, parente de la toundra, avec, par place, ses tourbières géologiques. La rièze est à voir à tous moments de l'année : en automne, par ses brumes ou ses bourrasques; en hiver, sous la neige; en juin, quand le paysage rappelle au mieux la toundra septentrionale, que les cosses de genêts éclatent avec un bruit sec sous le soleil, que le rouge oxycoccos1 fleurit sur les coussins verts des sphaignes, quand les petits bouleaux frémissent au vent, entre les fondrières. Il suffit pourtant d'observer la carte d'Etat-Major pour deviner que la rièze représente une création humaine. La grande clairière de Rocroi où elle prend allure de boqueteaux succède, n'en doutons pas, à un défrichement très ancien, après lequel la forêt ne retrouva jamais sa vigueur primitive. Formation "secondaire", donc. Il est permis de penser qu'une partie de la rièze se constitua dans les âges néolithiques ou à l'époque du fer. De nombreuses tombes antiques dispersées à la périphérie, dans la forêt des Pothées, reportent au moins au 2ème siècle avant J.-C. Ce sont celles de chefs qui commandèrent que l'on coupe la forêt. Aujourd'hui, la rièze menace de disparaître. Elle fut conquise en partie depuis le XVIème siècle par le champ de seigle et le pâturage, malgré la difficulté de supprimer le genêt dont les paysans disent que sa graine survit dans le sol près d'un siècle. Au XXème siècle, un enrésinement systématique, après drainage, peut la supprimer de la carte, et de nos promenades, définitivement."

Monsieur Manceau termine son article en ces mots : "Achevons le propos par l'analyse d'une colonisation tardive : celle du plateau de Rocroi, aux XVIème, XVIIème et XVIIIème siècles. Bien après le défrichement néolithique et gaulois, le Plateau avait constitué, sur une profondeur de dix à vingt kilomètres, le plus magnifique exemple de ce "désert-frontière" rappelé par M. Dion dans son ouvrage intitulé "Les Frontières de France". Et cela jusqu'à François 1er. Entre l'Empire et le Royaume, les bois et les rièzes garantissaient des conflits, des provocations réciproques, jusqu'au jour de 1555 où le Roi de France-c'était son domaine-se décida à planter là la place de Rocroi, l'une des premières qui fut bastionnée, la plus ancienne qui reste.

Suite de l'article dans notre bulletin N° 85

Bulletin N° 85 - Décembre 2016

À propos du Repair Café
     https://repaircafe.org/fr/a-propos-du-repair-cafe/

  C’est quoi un Repair Café ?
Réparer ensemble gratuitement, c’est l’idée des Repair Cafés dont l’entrée est ouverte à tous. Outils et matériel sont disponibles à l’endroit où est organisé le Repair Café, pour faire toutes les réparations possibles et imaginables. Vêtements, meubles, appareils électriques, bicyclettes, vaisselle, objets utiles, jouets, et autres. D’autre part sont présents dans le Repair Café des experts bénévoles, qui ont une connaissance et une compétence de la réparation dans toutes sortes de domaines.

On y apporte des objets en mauvais état qu’on a chez soi. Et on se met à l’ouvrage avec les gens du métier. Il y a toujours quelque chose à apprendre au Repair Café. Ceux qui n’ont rien à réparer prennent un café ou un thé, ou aident à réparer un objet appartenant à un autre. On peut aussi toujours y trouver des idées à la table de lecture qui propose des ouvrages sur la réparation et le bricolage.

Il y a des centaines de Repair Cafés partout en Belgique, en France et en Suiss : https://repaircafe.org/fr/visiter/ Vous pouvez visiter un Repair Café près de chez vous, ou pourquoi pas, en organiser un vous-même!

    Pourquoi un Repair Café ?
Nous autres, Européens, jetons énormément, également ce qui est à peine abîmé et serait parfaitement utilisable après une simple réparation. Mais pour nombre d’entre-nous, réparer n’est plus chose normale. Nous ne savons plus comment faire. Le savoir-faire en la matière est en voie de disparaître. Ceux et celles qui possèdent encore ces connaissances pratiques ne sont pas toujours appréciés à leur juste valeur dans nos sociétés, et en sont même souvent exclus malgré eux. Leur expérience n’est pas ou presque pas mise à profit.

Le Repair Café change la donne! Ceux qui peut-être seraient autrement laissés pour compte retrouvent leur place. Un précieux savoir-faire se transmet. Les objets remis en état sont plus longtemps utilisables et ne sont plus jetés, réduisant la consommation de matières premières et de l’énergie nécessaires à la fabrication de nouveaux produits. Ce qui réduit aussi les émissions de CO2. Car fabriquer de nouveaux produits – et leur recyclage – produit du CO2.

Le Repair Café apprend aux gens à voir autrement ce qu’ils possèdent, et à en redécouvrir la valeur. Le Repair Café favorise un changement de mentalité, condition première à une société durable construite par tous. Le Repair Café veut surtout être une expérience ludique, et gratifiante, pour des réparations qui s’avèrent souvent très simples. Venez et essayez !

  Qui en a eu l’idée ?
Le Repair Café est une initiative de Martine Postma. Depuis 2007, elle s’investit dans la durabilité au niveau local de toutes les façons possibles. Le 18 octobre 2009, Martine a organisé le tout premier Repair Café à Amsterdam. C’était une réussite éclatante. Pour Martine, ce succès a été la raison pour créer la Fondation Repair Café. Depuis 2011, cette Fondation soutient des groupes locaux tant à l’intérieur qu’à l’extérieur qui veulent commencer leur propre Repair Café. En savoir plus sur la naissance du Repair Café? Lisez le livre (en néerlandais, pour l’instant) que Martine en a écrit. Ou invitez Martine pour donner une conférence dans votre entreprise ou organisation.

  Un mouvement mondial
Tous les Repair Cafés se sont désormais réunis dans un mouvement mondial qui s’investit pour préserver dans notre société la connaissance et le savoir-faire de la réparation. En même temps, il lutte pour la fabrication des produits qui sont mieux réparables. Outre des Repair Cafés aux Pays-Bas, il y en a en Belgique, en Allemagne, en France, en Royaume-Uni, aux États-Unis et dans plusieurs pays partout dans le monde. Le Repair Café est même arrivé en Inde et au Japon ! La Fondation Repair Café Internationale a deux partenaires en Belgique : Netwerk Bewust Verbruiken soutient la propagation du Repair Café en Flandre, Repair Together s’en occupe en Wallonie. Ces deux partenaires coopèrent à Bruxelles.

  Les réparateurs professionnels n’ont-ils pas à craindre une concurrence ?
On pose parfois à la Fondation Repair Café la question de savoir si ces rencontres de réparation gratuite ne font pas concurrence aux réparateurs professionnels. La réponse est la suivante : bien au contraire! Les Repair Cafés organisés dans tout le pays visent à porter l’attention du public sur le fait que les choses sont réparables. Les visiteurs sont régulièrement réorientés vers les (rares) réparateurs (encore) en exercice.

La plupart des clients du Repair Café ne sont pas ceux qui généralement vont chez les professionnels de réparation. Ils disent jeter généralement les choses cassées immédiatement, car les faire réparer coûte trop cher. Au Repair Café, ils découvrent qu’il y a des alternatives au tout-jetable.

Bulletin N° 85 - Décembre 2016

DÉCLARATIONS DES ASSOCIATIONS AU PARC HIBAKUSHA

  LE 6 AOÛT 2016

    Marcel Poznanski, pour le Comité Surveillance Otan

La géo-ingénierie sur le sentier de la guerre

Lors de la Journée Hiroshima, Luc Mampaey a focalisé son intervention sur l’impact des forces armées sur le changement climatique. Vous trouverez ci-dessous son article daté de décembre 2015, qui a servi de base à cette intervention.  
Ravivant le fantasme militaire d’agir sur le climat, la géo-ingénierie propose des expérimentations à grande échelle. Le droit international possède pourtant des outils limitant les manipulations de l’environnement, comme la Convention Enmod. Or, « faute d’une révision urgente », elle risque de « sombrer dans les limbes », explique Luc Mampaey dans cette tribune.
À quelques jours de l’ouverture de la 21e Conférence des parties (COP 21) à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), prenons le temps d’évoquer ce dont elle ne parlera pas : l’impact des forces armées sur le changement climatique. Nul besoin de rappeler que les guerres et la militarisation de la planète exercent une action intrinsèquement destructrice sur nos écosystèmes. Mais on sait moins que l’environnement peut aussi devenir une arme en soi, et qu’il existe des instruments de droit qui s’attachent à prévenir ce risque.

Le droit international humanitaire dispose de deux instruments principaux pour veiller à la protection de l’environnement en situation d’hostilités. D’une portée très générale, l’article 55 du Protocole additionnel aux Conventions de Genève du 12 août 1949 (Protocole I du 8 juin 1977), précise que « la guerre sera conduite en veillant à protéger l’environnement naturel contre des dommages étendus, durables et graves. […] ». 
De l’iodure d’argent dispersé par voie aérienne

Le droit des conflits armés ira cependant plus loin que cette simple exhortation à la protection. Dès les années 1940, des recherches militaires avaient porté sur des procédés pour perturber les climatopes. Les recherches gagnèrent en intensité avec la guerre du Vietnam et le projet Popeye lancé en 1966 par les États-Unis. Son objectif était d’inonder la piste Hô-Chi-Minh pour ralentir les mouvements ennemis grâce à un accroissement des précipitations par un ensemencement des masses nuageuses avec de l’iodure d’argent dispersé par voie aérienne. L’opération fut poursuivie de 1967 à 1972.

La communauté internationale tira alors la sonnette d’alarme : la révélation de ces expériences convainquit les États réunis à la Conférence du désarmement d’adopter des dispositions interdisant d’exploiter l’environnement comme une « arme de guerre ». 
C’est l’objectif de la Convention sur l’interdiction d’utiliser des techniques de modification de l’environnement à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles, dite Convention Enmod, adoptée à New York le 10 décembre 1976, et entrée en vigueur le 5 octobre 1978. Elle compte aujourd’hui 77 États-Parties. C’est peu, mais les puissances militaires sont là : la Russie et le Royaume-Uni ont ratifié en 1978, les États-Unis en 1980, la Chine en 2005. Pas la France, puissance nucléaire et pays hôte de COP 21 ! Voilà qui tombe mal…

En ratifiant la convention Enmod, les États-Parties s’engagent « à ne pas utiliser à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles des techniques de modification de l’environnement ayant des effets étendus, durables ou graves, en tant que moyens de causer des destructions ou des préjudices à tout autre État-Partie » (Article 1er). L’article 2 définit une « technique de modification de l’environnement » comme, « toute technique ayant pour objet de modifier – grâce à une manipulation délibérée de processus naturels – la dynamique, la composition de la Terre, y compris ses biotopes, sa lithosphère, son hydrosphère et son atmosphère, ou l’espace extra-atmosphérique ». 

Il se risque même à en proposer une liste (dans un accord interprétatif de l’article 2), mais en confondant les techniques et leurs effets, et en total décalage par rapport aux évolutions technologiques des vingt dernières années : « Tremblements de terre ; tsunamis ; bouleversement de l’équilibre écologique d’une région ; modifications des conditions atmosphériques (nuages, précipitations, cyclones de différents types et tornades) ; modifications des conditions climatiques, des courants océaniques, de l’état de la couche d’ozone ou de l’ionosphère. »

Pour corriger ces décalages entre le texte et l’état de la science, l’article 8 de la Convention prévoit la tenue de conférences d’examen à des intervalles non inférieurs à cinq ans. La dernière (qui n’était que la seconde) remonte à 1992. Depuis, plus rien… Intérêts commerciaux et militaires 

Or, pendant ce temps, profitant du fossé entre l’extrême urgence de la lutte contre le réchauffement climatique et la timidité des mesures consenties par les gouvernements, l’ingénierie du climat (ou géo-ingénierie) – à savoir l’intervention technologique délibérée sur le système climatique afin de contrer le réchauffement de la planète ou d’en atténuer les effets – est de plus en plus envisagée par certains scientifiques comme une solution possible. Modifier la composition chimique des océans ou envelopper la planète d’une couche de particules réfléchissant les rayonnements du soleil sont deux illustrations parmi la trentaine de techniques évoquées par ces apprentis sorciers pour réduire le réchauffement et stocker le CO2, à défaut de réduire nos émissions.

Les fantasmes de prise de contrôle du temps et du climat ont toujours été étroitement liés aux intérêts commerciaux et militaires, nous rappelle l’historien des sciences James Fleming [4]. L’avenir ne sera pas différent, et l’agitation militaire de ces dernières années pour l’ingénierie climatique devrait retentir comme un nouveau signal d’alarme : faute d’une révision urgente pour prendre en compte les avancées technologiques et prévenir les usages hostiles, la convention Enmod risque de sombrer définitivement dans les limbes du droit international humanitaire.

Seul instrument juridique qui pourrait faire obstacle aux applications militaires de l’ingénierie du climat, au risque de compromettre davantage encore les fragiles équilibres de la planète, la Convention Enmod mérite un sort meilleur. La France doit la ratifier. L’Union européenne dans son ensemble doit sans délai appeler à la convocation d’une nouvelle conférence d’examen.


Luc Mampaey, 15.12.2016

    Comme nous le faisions chaque année avec feu Pierre Piérart, nous nous réunissons pour nous rappeler l'horreur d'Hiroshima, de Nagasaki et de la menace qui plane comme une épée de Damoclès sur l'humanité.

Notre parlement et notre gouvernement sont autistes en la matière, ils ne reconnaissent pas l'existence des bombes nucléaires stockées à KleineBrogel en pleine capacité d'emploi. Le gouvernement veut acheter des avions dans le simple but de transporter ces bombes pour porter la guerre à des soi-disant ennemis : la Russie, la Chine, pour ne pas les citer.

Notre parlement, notre gouvernement veulent nous faire croire que jamais cet ennemi virtuel ne nous réussira à nous envoyer une réplique de bombes nucléaires grâce au bouclier anti-missiles de l'Otan.

La Belgique est le centre névralgique de l'OTAN, nous sommes une cible toute désignée à être anéanti. La population ne se rend pas compte de cette réalité, on croit toujours que la guerre est chez les autres et sur un écran de télévision.

Nous sommes ici, peu nombreux mais déterminés à informer la population et la mobiliser pour la destruction des armes nucléaires en Belgique et dans le monde. Notre organisation, le Comité de Surveillance de l'OTAN,  dont Pierre Piérart était le président, continuera son combat pour la libération du monde de l'arme atomique.


    Paul Lannoye, président du Grappe

  A moins de faire preuve d’un optimisme béat, il est difficile de considérer le contexte géopolitique actuel comme porteur de perspectives de désengagement nucléaire et de paix dans le monde.

Le récent Sommet de l’OTAN vient de confirmer une  volonté commune d’escalade  dans l’intimidation à  l’égard de la méchante Russie et du « diabolique » Poutine. La coalition internationale contre l’Etat islamique est clairement engluée dans une guerre contre le terrorisme dont on ne voit pas l’issue. Pour terminer ce tableau bien sombre, on ne manquera pas de constater l’inquiétante réaffirmation par l’OTAN de sa stratégie nucléaire, incluant le droit de première frappe. Le contexte national belge n’apporte pas non plus de véritable éclaircie. Le gouvernement manifeste sans ambiguïté un suivisme docile à l’égard de l’OTAN et fait entendre en permanence un discours guerrier en guise de sédatif politique. Il fait face à une opposition parlementaire qu’il n’est pas injuste de qualifier de tiède en la matière.

  La question qui se pose au mouvement de paix et aux associations qui refusent le choix nucléaire est, à mon avis, la suivante : Comment ébranler la dynamique guerrière en action ?

L’argumentaire que, les uns et les autres, nous utilisons est suffisamment solide pour démonter celui des va-t’en guerre et des nucléocrates.  Il souffre malheureusement d’un grave handicap : il se heurte à des croyances certes infondées mais qui imprègnent suffisamment les esprits pour rejeter ou ignorer les faits qui les démontent. La conviction selon laquelle la dissuasion nucléaire a bien  fonctionné depuis 70 ans repose sur une lecture erronée de l’Histoire et sur la censure médiatique d’évènements majeurs, comme le refus d’obéir aux ordres de riposte du commandant Stanislas Petrov le 26/09/1983.

  A la suite de notre rendez-vous du 6 août 2015, j’ai, avec deux amis du Grappe, anciens sénateurs comme moi, Mme Dardenne et Mr Trussart, proposé à la présidente du Sénat d’organiser un débat contradictoire au sein de son institution sur la pertinence de la dissuasion nucléaire. Nous avons, à l’appui de cette demande, mentionné la prise de position de deux anciens premiers ministres français, Mrs Alain Juppé et Michel Rocard.
Cette proposition n’a pas été refusée. Elle a tout simplement été ignorée.  Il n’y a même pas  eu d’accusé de réception, malgré un rappel courtois mais pressant.  La presse, sollicitée sur le même thème, notamment à l’occasion de la journée du 26 septembre, n’a pas jugé le sujet digne d’intérêt.

  Ce message n’a pas pour objectif de répandre la morosité parmi vous.  Il est un appel aux suggestions et à la coopération. Ceci dit, je suggère moi-même d’ajouter un argument susceptible d’embarrasser le gouvernement ou, à tout le moins, d’intéresser certains journalistes : il s’agit de l’insécurité provoquée par l’existence de matières fissiles et de sites nucléarisés confrontés à l’utilisation de drones de loisir, en vente libre, par d’éventuels terroristes. On se rappellera que des survols de sites nucléaires par des drones ont eu lieu en France il y a quelques mois sans qu’on ait pu identifier les pilotes.


    Philippe de Salle, pour l'AMPGN

  Comme une  majorité de personnes ici  présentes le savent, je représente l'association médicale pour la prévention de la guerre nucléaire et dont l'acronyme de la section belge est AMPGN et sur le plan international IPPNW. Fondée en 1980 par deux cardiologues en pleine guerre froide, elle a œuvré pour une réduction drastique de l'arsenal nucléaire qui avait à l'époque atteint des proportions démentielles.

Notre association fut couronnée par le prix Nobel de la paix en 1985 et  se distingue par  sa spécificité  médicale  qui lui permet de  dénoncer l'impact humanitaire d'une  ou de plusieurs explosions nucléaires en plus  des effets néfastes  sur la santé des gens qui ont survécu aux effets  de l'explosion et de la chaleur.    Dans le contexte actuel de violence qui frappe nos régions occidentales depuis le début du XXI siècle, nous voudrions souligner qu'en face de la violence bestiale menée par des kamikaze souvent amateurs  qui frappent  à l'aveugle les populations civiles parfois de façon rudimentaire ( bombes artisanales, camions, hache  et autre arme blanche,) se trouve la coalition de  superpuissances suréquipées en matériel très sophistiqué pour effectuer  des frappes précises  sur des objectifs bien ciblés à l'aide de drones et missiles commandé parfois à des milliers de km de distance. Rien n'est plus asymétrique que cette confrontation. Un point commun toutefois, l'horreur. L'horreur suscitée par l'émotion confrontée à l'horreur inhumaine suscitée par la froide mécanique de précision. 

Les  superpuissances, je cite les Etats Unis, la Russie et la Chine, sont des nations violentes dans leur passé et leur présent. Leurs armées comme leurs armements sont surdimensionnés. Les dépenses militaires des trois puissances réunies dépassent la moitié les  revenus de la planète. Chacune a sa politique d'expansion territoriale  en plaçant partout des base militaires. Aucune de ces puissance n'est satisfaite de son armement et continue à investir pour le renforcer. Donald Trump comme Hilary Clinton ont promis de renforcer l'armée américaine qui est déjà la plus forte au monde. A Wall Street, on ne s'inquiète pas  de l'issue des élections. une chose est sûre, les valeurs de l'industrie des armes et de la sécurité vont augmenter. La politique intérieure est également violente. La peine de mort sévit encore aux USA dans  certains Etats et la Chine est le plus grand bourreau de la planète. Sur 163 nations, la criminalité  de ces trois pays atteint les niveaux les plus élevés et dépassent de loin les pays en voie de développement;  Comment s'étonner  que face à l'arrogance des ces superpuissances ne surgisse pas en retour dans un sorte  d'effet boomerang une violence brute et désespérée.  Comment espérer qu'il sorte quelque chose de rassurant pour la survie de l'humanité si l'exemple qui vient du haut ne montre  qu'une lutte pour la domination de la planète;  Violence et superpuissance sont deux mots qui vont si bien ensemble. 


    Charles Ruiz, pour le Parti Humaniste

Les plus grands attentats terroristes de l'histoire humaine ont eu lieu à Hiroshima le 6 août et à Nagasaki le 9 août 1945. Le gouvernement des Etats-Unis a lancé deux bombes atomiques sur ces villes, générant les actes terroristes les plus destructeurs à ce jour. Ce fut un génocide, un crime contre l'humanité, qui aurait dû être jugé immédiatement à la fin du conflit. Mais ceux qui gagnent les guerres sont, entre autres, ceux qui les jugent.

Aujourd'hui, nous sommes dans la situation que les pays qui ont installé le colonialisme et l'impérialisme, sont parmi les plus grands détenteurs d'armes nucléaires. Ils font ironiquement partie du Conseil de Sécurité de l'ONU.

Ces dates dont nous nous souvenons nous rapportent l'horreur du passé et nous invitent à prendre conscience du danger de la situation actuelle. Aujourd'hui on mentionne le terrorisme en tant que facteur de crise et de destruction, tout en cherchant à dissimuler les origines de celui-ci et la situation dangereuse du présent. Il y a plus de 20.000 têtes nucléaires. Plus de la moitié sont dans les mains d'une alliance militaire dont le membre principal est responsable de les avoir utilisées. En plus, il a couver la planète d'invasions et d'affrontements armés. Notre civilisation est sous la menace d'une catastrophe nucléaire civile et militaire générale, qui menace l'existence même de notre espèce.

Nous dénonçons l'hypocrisie de ces puissances qui veulent avoir le monopole des armes nucléaires, sous le couvert d'une "lutte pour la paix". Nous dénonçons en particulier le programme de modernisation entrepris par les gouvernements occidentaux avec les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, et la Belgique en tête, marquant le modèle international dans lequel, en suivant cette logique, tous les autres sont derrière. Cette dynamique ne fait qu'encourager de nouveaux pays à se doter aussi d'armes nucléaires. Aujourd'hui plus que jamais, les Humanistes avancent en affirmant et en proposant:

-le désarmement nucléaire mondial progressif et proportionnel comme un objectif fondamental
-le retrait des troupes qui envahissent les territoires
-la restitution des territoires occupés
-la dénonciation de la course aux armements, en général, comme une forme d'exploitation et d'oppression des peuples
-le réinvestissement des ressources économiques de la course aux armements, dans les domaines de la santé, de la nutrition et du développement humain des peuples
-l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques

Bulletin N° 84 - Juin 2016

SAMEDI 6 AOÛT 2016

  Commémoration du 71ème Anniversaire de la Tragédie de Hiroshima et de Nagasaki

    « LE DESARMEMENT NUCLEAIRE CE N’EST PAS POUR DEMAIN ! »

    Au PARC HIBAKUSHA – UNIVERSITE DE MONS Plaine de Nimy - Chaussée de Bruxelles - Mons

11 h 00 :  Accueil des participants 

11 h 15 :  Allocution des différentes associations

11 h 45 :  Dépôt de fleurs

    1 minute de silence à la mémoire des victimes du nucléaire

12 h 00 :    Collation au forum

13 h 30 : Conférence-débat avec la participation de :

  > Luc Mampaey (GRIP) parlera de l’impact des forces armées sur le changement climatique, en temps de paix comme en temps de guerre

  > Nicolas Bárdos-Féltoronyi parlera du Sommet Otan 2016  et de sa stratégie nucléaire

  > Des associations de paix présenteront l'agenda des prochaines luttes contre l'armement nucléaire en Belgique (Bombes atomiques de Kleine Brogel, Campagne contre le renouvellement des avions de chasse …)

  Présentation : Robert Fourneau (CEAH)
Modérateur : Claudine Pôlet (Comité Surveillance Otan)
 Pour plus d’informations, vous pouvez consulter notre site : http://www.c-e-a-h.be

  Les signataires de la Convention pour la Préservation du Parc Hibakusha :

      Avec la collaboration de l’AMPGN, CEAH, CNAPD, CSO, INTAL, MCP, UMONS,  UN MONDE SANS GUERRE, VREDE, VREDESACTIE, AGIR POUR LA PAIX, COLUPA.

      Renseignements : 02 / 376 10 93   Editeur responsable : M. Piérart-Re

Bulletin N°84 - Juin 2016

COMPTE-RENDU DE L’ANIMATION « MARE »  DU  11 AU 15 AVRIL AU CAMPING D’EPINOIS
  - Bernadette Lamblin -

  Cette année, l’intérêt porté par les écoles pour l’animation sur la « mare » était tel que celle-ci s’est déroulée durant toute une semaine. De nombreuses espèces ont été pêchées dans la mare de finalisation des eaux grises du camping. Cette eau provient des sanitaires qui subit un traitement en anaérobie (absence d’oxygène) puis en aérobie (présence d’oxygène). Bien qu’à ce stade elle soit biocompatible en termes d’analyse, elle est transférée dans un bac filtrant contenant des plantes avant d’être acheminée dans la mare. On y retrouve entre autres des daphnies, des gerris, des limnées, des larves d’éphémères, de libellules, de demoiselles, de chironomes, des sangsues, des têtards, des notonectes, des trichoptères à fourreau, des vers, des tritons… Cette diversité démontre bien la biocompatibilité de l’eau qui est assainie par divers traitements déjà expliqués dans de précédents bulletins.

  Les trichoptères constituent un ordre d’insectes holométaboles (métamorphose complète en quatre étapes).  Les larves de trichoptères sont aquatiques et très bien adaptées à la vie en eau douce.  Dans cette mare, c’est une espèce très commune.   Certaines espèces se construisent un fourreau de soie protecteur sur lequel elles fixent divers matériaux : petites pierres, débris végétaux, sable, brindilles.  

Suivant le matériel qu’elles utilisent ce fourreau peut avoir des formes très diverses.   Le corps de la larve ne quitte jamais cet étui, seuls sortent la tête et le thorax.  Un peu comme l’escargot, elles se promènent avec leur maison.  On lui donne parfois le surnom de « porte-bois ».  La larve possède des pièces buccales de type broyeur, elle se nourrit de débris organiques et donnera naissance après plusieurs mues et un stade nymphal à un adulte qui ne se nourrit pratiquement pas.  Sa courte vie consiste à assurer la survie de l’espèce.   Le cycle se déroule sur une année.  Lorsqu’on observe les ailes de l’adulte, on remarque qu’elles sont couvertes de poils d’où leur nom (tricho = poil).  Les trichoptères sont d’excellents indicateurs de qualité d’eau, une quinzaine de taxons sont utilisés dans les calculs d’indices biotiques.

Mes remerciements à Andrée et Michel pour leur accueil et leur gentillesse.

Bulletin N°84 - Juin 2016

A LA DECOUVERTE DU BOIS DU GRAND BON DIEU A THUIN
  - Jean-Marie Delmotte  -

    S'il est à Thuin un endroit propice à la promenade en famille, c'est bien le Bois du Grand Bon Dieu. Sillonné en tous sens par chemins et sentiers, il s'appelait jadis « Bois de l'Ermitage » à cause de la proximité, en bord de Biesmelle, d'un ermitage dédié à Saint Antoine. La présence d'un imposant calvaire daté de 1725 lui vaut son appellation actuelle.

  Le Bois du Grand Bon Dieu, c'est un plateau boisé de 16 hectares, entouré de toutes parts de vallées profondes formées par un large méandre de la Biesmelle, affluent de la Sambre, et le ruisseau de La Goulette, ou du Petit Paradis, ou du Houillon (c'est au choix), affluent de la Biesmelle. Ce plateau semble avoir été occupé par l'homme depuis une époque se perdant dans la nuit des temps, probablement le néolithique, il y a +/- 5000 années, ainsi qu'en témoigne le matériel lithique découvert sur place: haches et outils divers en pierre polie.

  Cette occupation humaine se serait poursuivie sous forme d'oppidum jusqu'à l'époque gauloise et même gallo-romaine, donc bien avant la fondation de la ville de Thuin sur son éperon rocheux.

  L'accès le plus aisé au bois se fait à l'ombre de beaux platanes, à partir du parking situé au lieu-dit « Petit Paradis », Route de Biesme. Une petite nécropole gallo-romaine a été découverte à cet endroit et fouillée au début des années soixante par les services du musée de Mariemont.

  Sur la droite, les vestiges d'une levée de terre sont nettement visibles, qui protégeait le seul point vulnérable de l'oppidum. Sur la gauche, un vaste terre-plein aménagé offre un magnifique point de vue sur la vallée de la Biesmelle et notamment sur la vieille forge du « « Haut Marteau ».

  Le Bois du Grand Bon Dieu est établi sur un massif rocheux constitué de poudingues, datant de l'emsien, de couleur rouge-grenat caractéristique. Formé d'un conglomérat de galets roulés cimentés naturellement, le poudingue est un véritable béton que l'érosion n'entame que très difficilement, ce qui explique le grand méandre de la Biesmelle défendant le site.

  Le sol peu profond du plateau ne permet pas le bon développement de la strate arborescente. L'essence dominante est le chêne pédonculé, le charme non exploité atteint ici des dimensions exceptionnelles.

  La strate arbustive est dominée par le houx et le néflier. Bourdaine, viorne obier, sorbier des oiseleurs, sureau à grappes, chèvrefeuille témoignent de l'acidité du sol. Peu de résineux épars, épicéas et douglas; quelques massifs d'ifs peuvent être observés à l'extrémité de l'allée centrale.

  La state herbacée est remarquable: grande luzule, oxalis, houlque molle, linaire commune, stellaire holostée, brunelle, flouve odorante, mélampyre des près, euphorbe des bois, gouet, germandrée scorodoine... et bien d'autres. Le printemps offre au promeneur un spectacle féerique dès la fin mars: ficaires anémones, jonquilles et surtout une mer azurée et odorante de jacinthes des bois...

  Extrait du texte de présentation d'un circuit "Handi-Rando" au Bois du Grand Bon Dieu réalisé par JM Delmotte en 2005.