Malgré sa triste réputation, la tique vient maintenant au secours de notre santé grâce à sa salive contenant une molécule capable de prévenir la thrombose veineuse profonde, les embolies pulmonaires ainsi que les accidents cardiaques et vasculaires cérébraux. Une découverte due aux travaux du professeur Edmond Godfroid de l'Unité de Biologie Moléculaire des Eco-parasites de l'Université libre de Bruxelles (ULB). Découverte qui s'est aujourd'hui muée en succès économique avec la spin-off Bioxodes. Celle-ci vient de lever 2,6 millions d'euros pour mener son produit phare l'Ir-CPI au stade préclinique lors des prochains mois. Concrètement, les recherches ont été conduites sur Ixodes ricinus, une espèce de tique connue pour transmettre la maladie de Lyme et considérée comme capable de se nourrir sur une grande majorité de vertébrés en Europe. Dérivé de la salive de la tique, l'Ir-CPI est un anti-thrombotique capable d'inhiber la coagulation à des doses ne provoquant pas de saignement et qui pourrait devenir le premier anti-thrombotique injectable et utilisable par tous les patients. Une formule dont le marché annuel est estimé à plus d'un milliard de dollars! Récolté auprès d'un consortium de business angels et de fonds d'investissement belges, le montant de 2,6 millions d'euros comprend 1,6 million d'euros apporté par le Fonds européen de développement régional (FEDER) et la Wallonie dans le cadre du programme RETECH. http://www. bioxodes.com. ATHENA - Mars 2014

Les pesticides en point de mire! Dans le collimateur depuis des années déjà, l'étau se resserre autour des pesticides. De nombreux scientifiques ont prouvé que leurs solutions de synthèse présentaient des risques de contraction de pathologies cancéreuses ou neurodégénératives. De la réflexion à l'action, une trentaine de chercheurs se sont réunis autour de Pythobio, un programme organisé dans le cadre d'INTERREG 4 (Nord-Pas de Calais, Champagne-Ardenne, Wallonie et Flandre). Depuis 2010, Phytobio a identifié une famille de molécules efficace contre les maladies de plantes cultivées sur l'aire franco-belge, étudié leurs fonctions, développé une procédure industrielle de production et prouvé le bienfondé du fruit de ses travaux aux champs comme sous serres contre la fusariose du poireau, le botrytis de la vigne et le mildiou de la laitue. L'approche de la solution s'appuie sur une famille de biomolécules aptes à protéger les cultures: les lipopeptides, produites par les bactéries Bacillus subtilus. Comme prévu, le succès scientifique s'est mué en une jeune pousse: Lipo-fabrik, entreprise qui, selon sa raison sociale, s'attache à la production, à la purification, à la mise en composition et à la commercialisation de molécules d'origines biologiques, biodégradables et produites par bio-procédés au départ de ressources renouvelables. Soutenu par la Wallonie (DG06) pour près de 300 000 euros sur un total de 2 millions d'euros, l'engagement wallon est porté par l'Université de Gembloux Agro-Bio Tech. Les autres grands partenaires du projet sont l'Université de Gand, l'Université de Reims Champagne-Ardenne et l'Université de Lille 1 Science et Technologie. http://phytobio.univ-lille1; http://www.gembloux-ulg.ac.be et http://www.lipofabrik.com. ATHENA - Mars 2014

Importations douteuses S’ouvrir au marché mondial constitue aujourd'hui et pour de nombreux pays - en particulier émergents - une possibilité de gonfler l'économie et le PIB. Mais les échanges signifient aussi que les exportations ont en complément les importations qui, parfois, recèlent des désagréments dont on ne découvre l'importance qu'avec le temps. La Chine en particulier, en croissance constante depuis 2 à 3 décennies, importent beaucoup pour répondre à ses besoins alimentaires et de construction. Or, certaines des denrées admises sur le territoire ou certains des bois importés recèlent quelques pestes. Endémiques et sous contrôle dans leur pays d'origine, elles ont trouvé un nouveau terrain idéal d'expansion dans l'Empire du milieu. C'est en particulier le cas de la «mouche blanche» ou aleurode du tabac (Bernisia tabaci) qui a été à l'origine, en 2009, de dégâts dans 200 000 hectares de culture sur tout le territoire chinois, excepté au Tibet. Les légumes et le coton constituent les cibles principales, tant directement par l'affaiblissement de ces plantes, qu'indirectement par la transmission de virus. Un autre exemple d'hôte peu recommandable est un coléoptère xylophage (Dendroctonus valens) qui, en dépit d'une taille qui n'excède pas 5 mm, aurait eu raison de 10 millions de pins chinois. Ce «succès» d'un insecte venu des États-Unis tient à un champignon symbiotique qui aurait muté dès l'implantation du coléoptère sur le territoire asiatique. Il favoriserait une libération plus grande de 3-carène par les pins infectés, rendant ceux-ci plus attractifs aux ravageurs. Les Chinois n'en sont bien entendu pas restés à ce constat et développent depuis des années une lutte intégrée contre les 550 espèces accidentellement «importées» via des biens d'utilisations diverses. Coût estimé: 15 milliards de dollars... Il va de soi que ce pays n'est pas le seul à être confronté à la présence de parasites indésirables sur son territoire. La différence avec les autres pays, et en particulier le nôtre, tient à la taille des besoins à couvrir dans un temps relativement court, ce qui a, dans certains cas, fait passer la vigilance au second plan. Quelques décennies de dégâts plus loin, il faut donc en payer le prix. Mais l'information est utile: la Chine est aussi exportatrice; rien n'interdit que les indésirables gagnent ou regagnent à l'avenir tous les autres pays du globe... (Nature 2013; 503:450-451). ATHENA - Mars 2014

Le parlement interdit la culture d'OGM en plein air Le parlement bruxellois a adopté vendredi une ordonnance interdisant la culture des OGM en plein air en Région bruxelloise qui devient ainsi la première région "OGM free" d'Europe. La législation européenne interdit d'interdire la culture d'OGM dans les États membres mais elle autorise ceux-ci à prendre des mesures de protection pour éviter la contamination accidentelle des champs de culture non-OGM avoisinants. La Libre Belgique – 31 mars 2014

CO2 : les émissions wallonnes en chute libre Au championnat de réduction des émissions de gaz à effet de serre, la Wallonie a bien plus qu'une longueur d'avance. Selon les chiffres officiels, les émissions flamandes ont diminué de 8 % entre 1990 et 2012 (elles ont augmenté entre 2011 et 2012). Dans le même temps, les émissions wallonnes se sont effondrées. Selon l'inventaire wallon bouclé ce mois-ci et que Le Soir a pu consulter, les émissions sudistes en 2012 étaient en retrait de 34,1 % par rapport à celles de 1990. Selon un accord interne belgo-belge, son objectif 1990-2012 est de -7,5 %. Cette évolution, précise l'administration wallonne, est surtout due à une chute des émissions industrielles. En 2012, la Région qui est responsable de 31 % des émissions annuelles de la Belgique a connu « la fermeture définitive de la phase à chaud en sidérurgie, le ralentissement des centrales électriques, la fermeture de deux lignes de verre et une diminution apparente en transport routier liée aux statistiques fédérales ». Si tous les secteurs sont en diminution (surtout industrie et production d'électricité), ce n'est pas le cas du tertiaire (bureaux, commerces, PME...) et du transport (+3 %) dont les émissions sont en hausse. C'est là que les futurs efforts devront porter. Le Soir - 25 avril 2014

Le papier recyclé est-il vraiment plus écologique? Quelle que soit sa qualité, oui, le papier recyclé a moins d’impact sur l’environnement que le papier classique. Le recyclage consiste en effet à extraire les fibres des vieux papiers et à en éliminer les contaminants (colle, agrafes…). Ses fibres sont ainsi récupérées, et elles pourront être réutilisées plusieurs fois. Ce procédé nécessite moins de bois, d’eau et d’énergie que la fabrication de pâte à papier traditionnelle et permet de valoriser un déchet qui, autrement, serait incinéré. Pour autant, certains papiers recyclés sont plus écologiques que d’autres. La différence se joue surtout au niveau du taux de fibres recyclées (de 50 à 100 %) et des traitements subis au cours du recyclage. Pour les journaux et magazines, l’encre doit être séparée des fibres, généralement à l’aide de solutions savonneuses. Or, cette étape peut entraîner un surcoût.
L’usage d’oxydants limité Pour obtenir un papier blanc, que le papier soit recyclé ou non, l’usage d’oxydants est nécessaire. Ces produits chimiques vont alors contaminer les eaux. Des normes européennes obligent donc les papetiers à limiter significativement leurs rejets. Même si l’épuration de ces eaux produit alors des déchets qu’il faudra éliminer, le bilan écologique reste en faveur du papier recyclé. La palme revenant au papier 100 % recyclé, non blanchi et non désencré (beige ou gris). Bien que de nombreux labels aient été mis en place, il est encore parfois difficile de s’y retrouver. Le premier type de label atteste du taux de fibres récupérées (APUR ou NAPM garantissent un taux de 50 à 100 %). D’autres attestent de la consommation énergétique et des impacts sur l’environnement (La Fleur, l’écolabel européen). Le plus exigeant combine les deux, c’est l’écolabel allemand l’Ange bleu. Sciences & Vie - 07/05/2014