Centre d'écologie appliquée du Hainaut

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 16 janvier 2017

Bulletin N° 85 - Décembre 2016

COMPTE-RENDU DES ACTIVITES DU DERNIER SEMESTRE
  -Bernadette Lamblin     -

  La période estivale de nos activités a commencé par la 7ème édition de notre stage à l’Abbaye de Saint-Denis pour les enfants de 9 à 12 ans, suivie par deux animations demandées par la Ville de Mons pour les plaines de jeux d’Havré.  Ces deux demi-jours pour les enfants de 6 à 9 ans et 9 à 12 ans se sont déroulés dans le bois d’Havré.  La Ville de Mons nous a, à nouveau, conviés à participer le 25 juin aux Feux de la Saint-Jean pour y animer un stand.

  Deux autres stages demandés par le Parc Naturel des Plaines de l’Escaut ont suivi.  Le premier pour les enfants de 9 à 12 ans, le deuxième pour les enfants de 6 à 9 ans.  Ces trois stages se sont déroulés sous une météo clémente, avec l’aide précieuse de Cindy, une stagiaire en vue de l’obtention de son brevet d’animatrice en centre de vacances (BACV).

           Une journée guidée par Monsieur Fourneau avait été programmée le 18 juin.  La matinée était consacrée à la visite du géo-sentier de Vierves et l’après-midi à l’exploration du site Le Fondry des Chiens à Nismes.  La matinée s’est  bien déroulée, mais à cause de la pluie nous avons dû renoncer à l’activité de l’après-midi pour des raisons de sécurité.

 Ce n’était que partie remise, le 17 septembre une deuxième journée a été programmée.  Au menu, le matin une excursion en Ardenne et l’après-midi en Calestienne sur les sites : le Fondry des Chiens et la Roche trouée (demander le compte-rendu de Christiane Devleminckx, élève guide-nature de la section de Bonsecours).  Les participants ont été très enthousiasmés et intéressés par ces deux journées et ont remercié chaleureusement Monsieur Founeau.

  Que la nature est belle et généreuse en cette fin d’automne, elle nous offre un tableau magnifique avec sa palette de couleurs et de formes très variées.  Il n’en a pas été de même en début de saison, nos champignons des bois se sont faits attendre nous obligeant pour la première fois à annuler des animations dans les écoles. A cause du manque de précipitations, le mycélium s’est bien gardé de nous offrir ses fructifications.  Tout est ensuite rentré dans l’ordre et la saison champignons s’est prolongée jusqu’en début novembre.

  Voici les écoles participantes : l’école communale de Flénu - vu l’absence de champignons, la directrice a demandé de remplacer les animations champignons par une découverte botanique du terril avec des explications sur le passé minier de la région.  L’école montoise l’Espérance, l’Institut Saint-Ferdinand de Jemappes où nous allons chaque automne ainsi que l’école communale de Baudour. Traditionnellement une exposition tout public était organisée à la Maison du Parc Naturel des Plaines de l’Escaut à Bonsecours mais cette année,  nous avons décidé de privilégier l’exposition et les animations uniquement auprès des écoles pendant une semaine  Cette formule ayant récolté un vif succès sera réitérée l’an prochain.  

Comme chaque année, Andrée et Michel Alsteen nous ont accueillis avec toujours la même disponibilité et de façon chaleureuse dans leur camping à Epinois pour des animations champignons à l’intention des écoles de l’entité de Binche 

    Nous avons également participé au week end au Bois qui se déroulait les 15 et 16 octobre, la Province du Hainaut et plus particulièrement la Ronde Maison de Jurbise nous avaient sollicités pour guider un public nombreux sur les chemins du bois d’Erbisoeul, les participants ont été enchantés par ces balades.  Il est également plus que probable que nous renouvellerons cette collaboration l’an prochain. 

    Durant ce semestre, plusieurs journées ont également été consacrées aux animations sur la pédofaune, l’escale forestière, les sens… au Parc Naturel des Plaines de l’Escaut à Bonsecours.

Photos dans notre bulletin N° 85

Bulletin N°84 - Juin 2016

COMPTE-RENDU DE L’ANIMATION « MARE »  DU  11 AU 15 AVRIL AU CAMPING D’EPINOIS
  - Bernadette Lamblin -

  Cette année, l’intérêt porté par les écoles pour l’animation sur la « mare » était tel que celle-ci s’est déroulée durant toute une semaine. De nombreuses espèces ont été pêchées dans la mare de finalisation des eaux grises du camping. Cette eau provient des sanitaires qui subit un traitement en anaérobie (absence d’oxygène) puis en aérobie (présence d’oxygène). Bien qu’à ce stade elle soit biocompatible en termes d’analyse, elle est transférée dans un bac filtrant contenant des plantes avant d’être acheminée dans la mare. On y retrouve entre autres des daphnies, des gerris, des limnées, des larves d’éphémères, de libellules, de demoiselles, de chironomes, des sangsues, des têtards, des notonectes, des trichoptères à fourreau, des vers, des tritons… Cette diversité démontre bien la biocompatibilité de l’eau qui est assainie par divers traitements déjà expliqués dans de précédents bulletins.

  Les trichoptères constituent un ordre d’insectes holométaboles (métamorphose complète en quatre étapes).  Les larves de trichoptères sont aquatiques et très bien adaptées à la vie en eau douce.  Dans cette mare, c’est une espèce très commune.   Certaines espèces se construisent un fourreau de soie protecteur sur lequel elles fixent divers matériaux : petites pierres, débris végétaux, sable, brindilles.  

Suivant le matériel qu’elles utilisent ce fourreau peut avoir des formes très diverses.   Le corps de la larve ne quitte jamais cet étui, seuls sortent la tête et le thorax.  Un peu comme l’escargot, elles se promènent avec leur maison.  On lui donne parfois le surnom de « porte-bois ».  La larve possède des pièces buccales de type broyeur, elle se nourrit de débris organiques et donnera naissance après plusieurs mues et un stade nymphal à un adulte qui ne se nourrit pratiquement pas.  Sa courte vie consiste à assurer la survie de l’espèce.   Le cycle se déroule sur une année.  Lorsqu’on observe les ailes de l’adulte, on remarque qu’elles sont couvertes de poils d’où leur nom (tricho = poil).  Les trichoptères sont d’excellents indicateurs de qualité d’eau, une quinzaine de taxons sont utilisés dans les calculs d’indices biotiques.

Mes remerciements à Andrée et Michel pour leur accueil et leur gentillesse.

Bulletin N°84 - Juin 2016

A LA DECOUVERTE DU BOIS DU GRAND BON DIEU A THUIN
  - Jean-Marie Delmotte  -

    S'il est à Thuin un endroit propice à la promenade en famille, c'est bien le Bois du Grand Bon Dieu. Sillonné en tous sens par chemins et sentiers, il s'appelait jadis « Bois de l'Ermitage » à cause de la proximité, en bord de Biesmelle, d'un ermitage dédié à Saint Antoine. La présence d'un imposant calvaire daté de 1725 lui vaut son appellation actuelle.

  Le Bois du Grand Bon Dieu, c'est un plateau boisé de 16 hectares, entouré de toutes parts de vallées profondes formées par un large méandre de la Biesmelle, affluent de la Sambre, et le ruisseau de La Goulette, ou du Petit Paradis, ou du Houillon (c'est au choix), affluent de la Biesmelle. Ce plateau semble avoir été occupé par l'homme depuis une époque se perdant dans la nuit des temps, probablement le néolithique, il y a +/- 5000 années, ainsi qu'en témoigne le matériel lithique découvert sur place: haches et outils divers en pierre polie.

  Cette occupation humaine se serait poursuivie sous forme d'oppidum jusqu'à l'époque gauloise et même gallo-romaine, donc bien avant la fondation de la ville de Thuin sur son éperon rocheux.

  L'accès le plus aisé au bois se fait à l'ombre de beaux platanes, à partir du parking situé au lieu-dit « Petit Paradis », Route de Biesme. Une petite nécropole gallo-romaine a été découverte à cet endroit et fouillée au début des années soixante par les services du musée de Mariemont.

  Sur la droite, les vestiges d'une levée de terre sont nettement visibles, qui protégeait le seul point vulnérable de l'oppidum. Sur la gauche, un vaste terre-plein aménagé offre un magnifique point de vue sur la vallée de la Biesmelle et notamment sur la vieille forge du « « Haut Marteau ».

  Le Bois du Grand Bon Dieu est établi sur un massif rocheux constitué de poudingues, datant de l'emsien, de couleur rouge-grenat caractéristique. Formé d'un conglomérat de galets roulés cimentés naturellement, le poudingue est un véritable béton que l'érosion n'entame que très difficilement, ce qui explique le grand méandre de la Biesmelle défendant le site.

  Le sol peu profond du plateau ne permet pas le bon développement de la strate arborescente. L'essence dominante est le chêne pédonculé, le charme non exploité atteint ici des dimensions exceptionnelles.

  La strate arbustive est dominée par le houx et le néflier. Bourdaine, viorne obier, sorbier des oiseleurs, sureau à grappes, chèvrefeuille témoignent de l'acidité du sol. Peu de résineux épars, épicéas et douglas; quelques massifs d'ifs peuvent être observés à l'extrémité de l'allée centrale.

  La state herbacée est remarquable: grande luzule, oxalis, houlque molle, linaire commune, stellaire holostée, brunelle, flouve odorante, mélampyre des près, euphorbe des bois, gouet, germandrée scorodoine... et bien d'autres. Le printemps offre au promeneur un spectacle féerique dès la fin mars: ficaires anémones, jonquilles et surtout une mer azurée et odorante de jacinthes des bois...

  Extrait du texte de présentation d'un circuit "Handi-Rando" au Bois du Grand Bon Dieu réalisé par JM Delmotte en 2005.

Bulletin N°84 - Juin 2016

35EME ANNIVERSAIRE DU CEAH

    C’est ce samedi 11 juin que le Centre d’Ecologie Appliquée du Hainaut a fêté son 35ème anniversaire au Relais de la Haute Sambre à Lobbes.  Une vingtaine de personnes étaient présentes pour célébrer cet événement.

  Le Président (et membre fondateur) a accueilli les participants et a rappelé dans quelles circonstances le Centre avait été créé avec Monsieur Pierre Piérart, Monsieur Jacques Duvigneaud, Monsieur Roger Vervoort et Monsieur Léon Woué.  Le CEAH à l'origine ne s'occupait que de la Province du Hainaut, il a été créé pour la sauvegarde des écosystèmes en général, pour l'aménagement des terrils et la protection des sites biologiques.  On y abordait la botanique et la géologie, ensuite une section anti-nucléaire militaire y a été rajoutée avec la création du Parc Hibakusha dans lequel chaque année se déroule une commémoration pour les victimes d'Hiroshima et de Nagasaki et une dernière section s'y est ajoutée, la mycologie.

    Monsieur Fourneau nous a ensuite présenté Monsieur Bernard Clesse, assistant au Centre Marie-Victorin, auteur de nombreux articles en mycologie et conférencier de ce jour anniversaire. (Voir compte rendu)

  Anne-Marie a ensuite remercié Monsieur Fourneau pour sa « fidélité » en tant que président, Macha Piérart pour son courage, sa gentillesse et sa générosité sans laquelle le CEAH n’aurait pu survivre à la maladie de Monsieur Piérart, Mario Lemaire qui nous a permis de continuer d’organiser les « grosses » expositions de champignons à Bon-Secours, Beloeil… et qui répond toujours présent aux sollicitations d’excursions pour le centre, Andrée et Michel Alsteen pour l’accueil qu’ils nous réservent deux semaines par an pour les animations « champignons »  et « mare » ainsi que toutes les personnes qui sont venues fêter cet anniversaire.

  Monsieur Fourneau a ensuite présenté le  montage réalisé par les techniciens de l’UMONS.  Ce film tourné au Parc Hibakusha a permis de visualiser une partie de la commémoration des bombardements sur Hiroshima et Nagasaki qui se déroule chaque année début août.  Il en a profité pour inviter les convives, le 6 août 2016, à cette cérémonie.  Une stèle en l’honneur de Pierre Piérart y a d’ailleurs été installée. 

    Est venu le temps de partager un repas convivial, avec des plats très copieux, très colorés et très bien présentés qui ont ravis les participants. La journée s’est terminée par une intéressante balade digestive  guidée par Jean-Marie Delmotte sur le site du Bois du Grand Bon Dieu à Thuin. Conférence de Bernard Clesse

  La conférence présentée par Bernard Clesse avait pour thème : « Les champignons, un patrimoine à préserver », les points principaux évoqués en étaient :

1. Petit état des lieux de la biodiversité fongique mondiale.
2. Écart entre le nombre d’espèces décrites et le nombre d’espèces potentielles : un abîme !
3. Mais pourquoi diable les gens s’intéressent-ils aux champignons ?
4. Comment améliorer la biodiversité fongique en Région wallonne ?

C’est ainsi que nous avons appris qu’en Belgique il y avait plus de 10.000 espèces de champignons répertoriés soit 7 à 8 fois plus que plantes supérieures.  A noter qu’en Flandre les inventaires sont plus avancés qu’en Wallonie, l’étendue du territoire et sa grande diversité en sont deux raisons mais également le fait qu’en Wallonie l’absence de chercheurs rémunérés par manque de fonds se fait cruellement sentir.

  Dans le monde, David L. Hawksworth, pionnier dans la recherches en matière de biodiversité fongique mondiale cite le chiffre d’environ 100.000 espèces décrites et de 1,5 millions d’espèces potentielles, seul  7% de la population mondiale de champignons sont connus, le reste est encore à découvrir si on ne détruit pas avant leur milieu comme c’est le cas pour les forêts tropicales qui constituent un énorme réservoir non seulement pour le milieu fongique mais également pour la faune et la flore.

  Bernard Clesse nous a également parlé des champignons des habitats inexplorés : les champignons hypogés, lichénicoles, ceux qu’on trouve dans les intestins des coléoptères,  les fèces et autres excréments d’animaux, les parasites de nos végétaux que sont les rouilles et oïdiums, des espèces menacées à l’échelle européenne ou en « voie de disparition », des nouvelles espèces ou « en voie de progression » sur le sol wallon. 

  Les changements climatiques s’ils affectent la faune et la flore, bouleversent également la carte de répartitions géographiques de certaines espèces.  En Belgique, les facteurs nuisibles à la biodiversité fongique sont entre autres : la régression de certains habitats semi-naturels, la gestion sylvicole,  le tassement des sols dus aux différentes activités humaines, l’agriculture intensive, le traitement sanitaire du bétail, la raréfaction des places à feu qu’affectionnent les espèces carbonicoles,…

  En conclusion, Bernard Clesse regrettait que l’on favorise actuellement les plantations de feuillus au détriment des conifères auxquels sont inféodés de nombreuses espèces d’oiseaux, d’insectes et de champignons. 

  Monsieur Fourneau a remercié Bernard Clesse pour le bel exposé.

lundi 25 janvier 2016

Bulletin N° 82 - Déc 2015

COMPTE-RENDU DES ANIMATIONS

Dans le cadre de Mons 2015, la Ville a sollicité notre présence aux festivités des Feux de la Saint-Jean le samedi 27 juin. L’après-midi fut dédié aux enfants avec des animations organisées autour des 4 éléments : l’eau, la terre, le feu et l’air. Bricolages, lectures de contes, jeux, spectacles… tout a été mis en oeuvre pour intéresser les plus jeunes. Le CEAH animait un stand sur le fonctionnement d’une station d’épuration (décrite dans le compte-rendu du stage de l’Abbaye de Saint-Denis). De nombreux enfants accompagnés de leurs parents ont été captivés par cette animation.

Comme les années précédentes, l’asbl Adage de Bon-Secours a sollicité très régulièrement nos services pour diverses animations sur la biodiversité, la pédofaune, la forêt par les sens, l’escale forestière…

Malgré l’annulation de l’exposition de Beloeil (suite à la suppression de la subvention du Service Public de Wallonie), l’année 2015 s’est avérée prolifique sur le plan mycologique. La poussée progressive des champignons tout au long de la saison nous a permis de proposer une récolte diversifiée aux participants. Cette année, quatre classes de l’école « L’Espérance » de Mons nous ont demandé des animations mycologiques en salle et sur le terrain. Cette école de l’enseignement libre spécialisé accueille des enfants de maternelles et de primaires de type 1,2,8. Les enseignants ont apprécié notre travail avec les enfants et ont réitéré leur demande pour l’an prochain. Ci-dessous quelques photos de nos animations mycologiques qui se sont déroulées à Saint-Ghislain, Dour, Jemappes, Ghlin, Hyon, Sars-la-Bruyère, Eugies, Mons et Epinois.

La Maison de la biodiversité (MSVT à Obourg) a décidé de dynamiser son programme et nous a demandé d’y prendre une part active pour relancer son pôle «animations» notamment pour les élèves d’humanités. Nous y proposons désormais une initiation à la mycologie, une animation sur l’entomologie, le mode de vie et de reproduction des insectes avec reconnaissance et classement. Un guide simplifié des ordres et des sous-ordres des insectes a été réalisé et est maintenant proposé à la vente (notamment à l’intention des guides et des futurs guides nature). Une autre animation sur le compost est en préparation. L’origine de nos énergies fossiles, l’industrialisation, l’impact sur l’environnement et le climat (effet de serre), la photosynthèse et le cycle du carbone suivi d’un quizz interactif est également au programme. D’autres animations sont en projet dont une sur l’empreinte écologique comparant notre impact sur le réchauffement climatique avec celui des pays pas ou moins industrialisés. Nous vous rendrons compte au cours de l’année 2016 du déroulement de ce programme.

mercredi 13 janvier 2016

Bult N° 82 - Déc 2015

COMPTE-RENDU DU STAGE À L’ABBAYE DE SAINT-DENIS DU 13 AU 17 JUILLET
- Bernadette Lamblin -

Selon Albert Einstein, Ce qui reste éternellement incompréhensible dans la nature, c'est qu'on puisse la comprendre. Ce cinquième stage à l’Abbaye de Saint-Denis a, comme les autres années, tenu ses promesses. Dix stagiaires enthousiastes ont tenté de lever un coin du voile sur les mystères de Dame Nature. Outre les animations déjà décrites dans les différents comptes rendus des années précédentes, une nouvelle thématique est venue compléter la palette déjà très colorée de cette semaine riche en activités.

Comment fonctionne une station d’épuration (STEP), de quoi est-elle constituée, à quoi sert-elle ?

Pour mieux comprendre son fonctionnement, les enfants ont à leur disposition un bidon d’eau sale contenant de nombreux éléments mélangés que l’on peut retrouver dans nos égouts : huile, terre, sable, bois, déchets de papier et de plastique, produits de nettoyage, détergents… Pourraient y figurer également des mégots de cigarette, des excréments et autres déchets. On fait passer le bidon et on demande aux participants ce qu’ils reconnaissent dans l’échantillon. Après qu’ils aient cité les différents polluants on met à leur disposition une « boîte à outils » contenant un chinois, un racloir, un tamis, une grille, un récipient contenant des bactéries et un autre contenant des boues. On leur demande à quelle étape de l’épuration les outils correspondent et on donne l’outil à celui qui donne la réponse correcte. Dans l’ordre d’utilisation il faut choisir : la grille au dégrillage grossier, le chinois au dégrillage fin, le racloir au déshuilage, le tamis au dessablage, le récipient contenant les bactéries nécessaires au traitement biologique et le récipient contenant les boues destinées à la clarification. L’objectif était d’introduire les différentes étapes de la STEP de manière à ce qu’ils puissent reconstruire eux-mêmes la maquette.

On leur demande ensuite de reconstituer la maquette. Les enfants sont amenés à se souvenir et surtout à réfléchir et à reconstituer les étapes du traitement des eaux usées dans le bon ordre. Première étape : le « prétraitement » réalisé par le dégrillage (gros et fin). Les eaux usées qui sortent de la maison sont acheminées jusqu’à la station. Elles passent alors à travers un dégrilleur, une sorte de tamis, qui les débarrasse des matières grossières et inertes (chiffons, morceaux de bois, plastiques, feuilles,…). Après le nettoyage des grilles, les déchets sont évacués avec les ordures ménagères. Cette étape est complétée par un dégrilleur plus fin qui affine cette phase de prétraitement. Deuxième étape : le déshuilage et le dessablage qui retirent les graisses raclées en surface et le sable par décantation et pompage. Les produits récupérés sont évacués en vue d’un traitement ultérieur (traitement des boues). Troisième étape : le traitement biologique, qui est essentiel, est effectué par les bactéries qui vont digérer les impuretés et les transformer en boues. Ces techniques se réalisent avec de l’oxygène (en aérobie) ou sans oxygène (en anaérobie). Quatrième étape : la clarification qui consiste à séparer l’eau des boues ou des résidus secondaires issus de la dégradation des matières organiques. Les boues sont décantées, raclées, évacuées et traitées. L’eau peut ensuite être rejetée à la rivière si elle répond aux normes européennes. Cinquième étape : le traitement des boues qui sont déshydratées avec de la chaux et valorisées en agriculture si elles sont de bonne qualité, incinérées ou mises en décharge dans le cas contraire.

Ensuite, lorsque la station est montée, les enfants doivent replacer la maison, l’incinérateur (usine), le pêcheur, le kayak, le pont, la route, les tuyaux, le camion. On leur donne ensuite de petites étiquettes représentant des produits de la vie courante et on leur demande de les placer là où ils vont être stoppés lors de leur traitement dans la STEP. Beaucoup de produits vont se retrouver dans la rivière car ils ne sont pas ou peu dégradés par les bactéries (peinture, huile, médicaments, produits d’entretien,…). On leur donne alors un composteur et un parc à conteneurs. Les peintures, verres, déchets alimentaires peuvent être triés, traités ou valorisés.

La conclusion qu’en tirent les enfants c’est que trop de choses sont encore déversées dans nos rivières. Pour opérer un changement ils doivent réfléchir à d’autres solutions. Le seul moyen de réduire la charge polluante produite par chaque habitant est de modifier nos habitudes d’achats, d’éviter les suremballages, d’utiliser des produits (d’entretien, de lessive,…) respectueux de l’environnement et biodégradables, de composter, d’acheter en vrac fruits et légumes, d’utiliser des sacs réutilisables, de préférer les écorecharges pour les produits alimentaires ou ménagers, de stopper le gaspillage alimentaire, …

A la fin de cette semaine les enfants ont émis le souhait de revenir l’année suivante tant ils ont été enthousiasmés par cette semaine.

Prochain stage à l’Abbaye de Saint-Denis : du 11 au 15 juillet 2016

lundi 31 août 2015

Bulletin N° 81 - Juin 2015

COMPTE RENDU DE LA VISITE DU JARDIN BOTANIQUE DE MEISE
- Jérôme Degreef -

Ce 16 mai, les participants à la visite du Jardin Botanique de Meise ont eu la chance de découvrir le patrimoine unique de ce lieu et de pénétrer les coulisses de cette institution de renommée internationale grâce à la gentillesse et aux compétences de notre guide Jérôme Degreef, Directeur scientifique du département botanique du Jardin.

Le Jardin botanique de Meise, anciennement Jardin botanique national de Belgique, est une institution scientifique de premier plan dans le domaine de la botanique. Il mène ses missions de recherche, de conservation de la biodiversité et d’éducation à l’environnement grâce aux collections uniques qu’il abrite et à ses spécificités, à savoir :

- 18.000 espèces de plantes dans les collections vivantes, ce qui en fait l'une des cinq plus riches du monde, déployées dans un domaine historique de 92 ha

- Un complexe d'un hectare de serres (13 serres publiques et 48 serres de conservation, de multiplication, de recherche scientifique), le « Palais des plantes »

- Une gigantesque banque de données scientifiques sous la forme de 4 millions de plantes séchées, étudiées par les scientifiques du monde entier (il se place parmi les 20 plus grands herbiers du monde). Il inclut plus de 30.000 "types", un "type" étant l'exemplaire de référence scientifique unique au niveau mondial

- Un lieu de conservation indispensable au niveau mondial pour les espèces menacées ou déjà éteintes: conservation d'ADN, de graines, de plantes sur pied parmi lesquelles des espèces rares et menacées de notre pays

- Une banque de graines de plantes rares et menacées, en provenance du monde entier (2 millions de graines conservées à - 20 °)

- La collection de référence de Phaséolinées sauvages, d'importance scientifique et agronomique mondiale dans la perspective d'une adaptation de l'agriculture aux différentes conditions écoclimatiques locales

- Une bibliothèque spécialisée de plus de 200.000 volumes, ainsi qu’une réserve précieuse de 2.000 ouvrages (dont de splendides impressions naturelles de végétaux), et 6.000 périodiques (c'est l'une des plus importantes d'Europe) dont le catalogue informatisé est accessible sur internet.

- Une iconothèque comprenant des milliers de photos, aquarelles, dessins de végétaux dont les célèbres aquarelles de roses de Redouté (27 ouvrages en 50 volumes en édition originale)

- Un outil éducatif extraordinaire pour l'éveil à la biologie et à la botanique des petits jusqu'à l'apprentissage universitaire, avec depuis peu une Serre de l'Evolution unique au monde retraçant 500 millions d'histoire de l'évolution du Règne végétal.

Merci Jérôme pour cette visite appréciée par tous les participants qui a permis de découvrir, entre autres, l’envers du décor.

jeudi 15 janvier 2015

Bulletin N° 79 - Décembre 2014

A 69 ANS DES BOMBARDEMENTS NUCLÉAIRES SUR HIROSHIMA ET NAGASAKI
- Claudine Pôlet –

A Mons, la commémoration des bombardements nucléaires américains sur Hiroshima et Nagasaki en août 1945 a commencé par l’inauguration d’une stèle consacrée à Pierre Piérart, professeur à l’université de Mons, fondateur du Parc Hibakusha, décédé en 2010. Celle-ci fait face au mémorial en hommage « aux victimes de Hiroshima et Nagasaki et des essais nucléaires ».

Macha Re-Piérart a dévoilé la stèle dans laquelle un fidèle portrait était gravé par Monsieur Giuseppe Giudice (artiste de la région de Mons : www.sculpture-en-marbre.be) ainsi que les inscriptions : « Le Parc Hibakusha a été créé par le Pr Pierre Piérart en 1989 », « Lutter contre l’armée nucléaire, c’est lutter pour la vie », « Si tu veux la paix, prépare la paix ». L’émotion de tous les participants à la cérémonie s’est muée en réflexion et en fraternité en écoutant une des chansons préférées de Pierre Piérart : « Le Déserteur » de Boris Vian, interprétée par son auteur.

Des amis et collègues du Professeur Piérart ont ensuite pris la parole, ainsi que des représentants de plusieurs associations de paix – tant flamandes que francophones - . Les textes des discours d’Eduard Kusters de l’IPPNW, d’Antoine Baguet de INTAL, d’Edouard Brion du MCP et de Guillaume Defossé de la CNAPD se trouvent sur le site du CEAH (http://www.c-e-a-h.be).

Devant le mémorial, un dépôt de fleurs a précédé la minute de silence à la mémoire des victimes des bombardements nucléaires de Hiroshima et Nagasaki et aussi avec une pensée pour toutes les victimes des guerres actuelles, nucléaires ou pas.

La conférence de l’après-midi s’est efforcée de faire un bilan de l’état du désarmement nucléaire en 2014 avec les contributions très intéressantes des trois conférenciers qui ont introduit le débat : Luc Mampaey (directeur du GRIP), Michel Wautelet (membre du CEAH et de l’UMONS), Ludo De Brabander (responsable de VREDE). Nous renvoyons à leurs textes publiés intégralement dans les articles de ce bulletin afin de ne pas déformer leurs idées par un résumé trop court.

Quelques pistes de réflexion sont apparues : même si, selon certains intervenants, des progrès se sont accomplis vers un relatif désarmement nucléaire, cela ne représente pas pour autant un progrès vers la paix dans le monde; les armes « conventionnelles » se produisent et circulent massivement et causent des désastres dans des conflits de plus en plus nombreux sur toute la planète; des armes nucléaires, aussi miniaturisées qu’elles puissent être, sont toujours des armes de destruction massive, un missile ou une bombe nucléaire n’est jamais « une arme tactique »; l’Otan (27 pays membres, d’Europe et d’Amérique du Nord, sur les 198 pays de l’ONU) développe sans cesse sa stratégie nucléaire, possède l’arsenal d’armes le plus puissant du monde, et s’arroge toujours le droit « de la première frappe nucléaire ».

La conférence s’est conclue sur l’engagement des participants, -associations et personnes-, à ne jamais laisser tomber dans l’oubli les Hibakusha, ni les victimes des guerres d’aujourd’hui et à poursuivre le combat pour la paix uni à celui pour la justice sociale dans le monde.

Parmi les interventions de la matinée, nous publions celle du Dr. Kusters qui décrit bien l'enthousiasme du Prof. Piérart.

Chers collègues, chers sympathisants, chère Macha,

Mon nom est Eduard Kusters. Je suis un membre de l'aile belge de l’IPPNW - International Physicians for the Prevention of Nuclear War. Aujourd'hui, je suis surtout ici pour la mémoire de Pierre Piérart. Je connaissais Pierre personnellement. Nous avons été ensemble à de nombreuses réunions de l’IPPNW.

Je voudrais vous raconter un événement, dont je me souviens très bien, c'était à l'époque de Gorbatchev. L'IPPNW avait reçu une invitation à visiter les champs d'essais des explosions nucléaires au Kazakhstan. Il y avait des centaines de représentants de différents pays. Nous voyagions dans une longue colonne d'autobus de Alma-Ata, -à l'époque, capitale de Kazakhstan-, à Semipalatinsk où les essais avaient eu lieu. Le paysage entre Alma-Ata et Semipalatinsk est une énorme vaste plaine.

A un moment, tout à coup la caravane s'était arrêtée. Je voyais Pierre quitter l'autobus et la colonne et courir dans la vaste plaine. Les guides étaient inquiets. Pierre n'était plus qu'une petite figure dans l'énorme plaine. Finalement, il revint avec dans ses mains une plante spéciale. Je ne me souviens plus du nom de cette plante, mais je me souviens très bien du visage enthousiaste de Pierre quand il la montrait. Cet enthousiasme était typique pour lui. Il avait cet enthousiasme dans toutes les actions de l'IPPNW.

Maintenant, les temps ont changé. Pourtant, les problèmes des guerres et le danger des armes nucléaires restent les mêmes. Nous avons besoin de l'enthousiasme de Pierre si nous voulons réaliser quelque chose.

Bulletin N° 79 - Décembre 2014

COMPTE-RENDU DU STAGE A L’ABBAYE DE SAINT-DENIS DU 14 AU 18 JUILLET
- Bernadette Lamblin -

« Va prendre tes leçons dans la nature, c’est là notre futur », conseillait Léonard de Vinci à ses élèves. C’est là encore une preuve de son esprit visionnaire… Quelques siècles plus tard le message est passé par le « biomimétisme » qui est une pratique scientifique qui vise à copier des organismes naturels pour créer des innovations technologiques tel que le velcro ou encore les aiguilles inspirées des moustiques, les LEDs des lucioles, le radar des chauves-souris... La Nature et la technologie n’ont jamais été aussi présentes dans notre vie qu’à notre époque. Cette nature à la fois simple et complexe nous offre une palette de formes et de couleurs en perpétuel renouvellement. On ne peut pas vivre déconnecté de la technologie et des moyens d’information et de communication qui envahissent notre vie quotidienne. L’envie de découvrir, de partager, d’être attentif à la Nature qui nous entoure pour mieux la comprendre et la respecter, c’est le but même de ce 4ème stage à la découverte de la Nature sur les traces du Petit Prince de Saint-Exupéry à l’Abbaye de Saint-Denis.

Pour éviter les gouttes, la troisième semaine de juillet était celle qu’il ne fallait pas rater en ce mois de juillet pluvieux. Les 10 aventuriers ont commencé par « construire » une maison pour les lombrics et les escargots de Bourgogne. Ils ont mis sous cloche une algue afin d’y observer la respiration des végétaux grâce aux bulles formées dans le ballon. Ils ont extrait la chlorophylle, pigment indispensable intervenant dans la photosynthèse des végétaux, en faisant macérer un broyat de feuilles vertes dans de l’acétone. Très rapidement, le liquide se colore intensément en vert, c’est « la chlorophylle brute » qui est en réalité un mélange de divers pigments contenus dans les cellules. Ils ont pu observer jour après jour un nid de fourmis en activité avec les œufs, les larves, les nymphes et la reine.

L’arbre transpire. En enfermant une branche avec des feuilles il est aisé de l’observer. Les enfants ont placé un sac en plastique bien fermé à deux endroits opposés du chêne pour récolter l’eau provenant de la transpiration de l’arbre. A l’aide d’une boussole ils ont déterminé l’orientation des deux pièges, l’un se trouvait au nord et l’autre au sud. Chaque jour à la même heure, l’eau était récoltée et mesurée à l’aide d’une éprouvette graduée. Les deux premiers jours, assez nuageux, aucune transpiration n’a pu être mesurée au nord et seul 6 et 5 ml ont pu être récoltés au sud. Le troisième et quatrième jour, par de belles journées chaudes et ensoleillées, la récolte au nord fut deux fois de 6 ml alors qu’au sud de 21 et 16 ml. Le soleil se levant à l’est, il fut aisé d’en conclure que la transpiration de l’arbre était directement proportionnelle à la durée et à l’intensité de l’ensoleillement.

Ce chêne isolé trônant au milieu de la cour nous a donné également l’occasion d’en mesurer la hauteur, ce que chacun des participants a fait grâce au dendromètre de Franck (décrit dans le bulletin du CEAH n° 78) et à la croix du bûcheron.

Pour la mesure à l’aide de la croix du bûcheron, l’observateur place deux baguettes perpendiculairement l’une à l’autre. Une des deux baguettes est maintenue parallèlement au sol et tenue par une extrémité près de l’œil. L’observateur pointe en même temps le sommet de la plus haute branche et la base de l’arbre. Il se déplace de telle manière qu’il puisse voir à la fois le sommet et la base de l’arbre dans le prolongement des extrémités de la baguette verticale. Dans cette position, il se trouve à une distance de l’arbre qui équivaut à sa hauteur totale qu’il suffit de mesurer. Huit mesures ont été réalisées grâce aux deux méthodes, la comparaison des moyennes de chacune d’entre elles ont montré une différence de 1 mètre.

L’après-midi était consacrée à un jeu de piste à la découverte de l’Abbaye elle-même, de son passé historique et de son évolution au fil du temps avec les différents personnages du livre du Petit-Prince comme fil conducteur.

Le lendemain, Jacques et Rita Danvin-Vanrechem sont venus durant deux heures nous parler de leur passion : les abeilles. Ils ont animé cet atelier qui a eu beaucoup de succès car tous ont pu revêtir « la coiffe » de l’apiculteur et même jouer son rôle avec une véritable ruche et tous les accessoires. Seules absentes : les abeilles qui ne pouvaient être déplacées à cette époque à cause de la miellée trop proche. N’oublions pas le moment fort : la dégustation. Les enfants se sont délectés d’un pot de miel de 500 g en quelques heures.

Merci à Jacques et Rita du rucher-école de Mons pour leur animation.

Pour le reste de la semaine, c’est à travers de nombreux jeux que plusieurs thèmes ont été abordés : la biodiversité pour révéler la diversité des espèces et les liens existants entre les êtres vivants au fil des saisons dans divers milieux : bois, étang,…; l’éveil sensoriel et imaginaire au travers de la découverte du milieu par les sens, pour penser le monde autrement et tisser d’autres liens avec son environnement ; l’appropriation d’un territoire inconnu pour expérimenter d’autres façons de faire et adapter son comportement à l’environnement et bien d’autres choses.

Merci aussi aux habitants de l’Abbaye toujours aussi souriants et avenants vis-à-vis des enfants.

Soyons attentifs, notre futur est dans la Nature…

Bulletin N° 79 - Décembre2014

COMPTE RENDU DE LA SAISON « CHAMPIGNONS »
- Bernadette Lamblin -

Comme chaque année, septembre sonne le coup d’envoi de la saison des champignons. Le mois d’août très clément pour ceux-ci a « réveillé » le mycélium de façon prématurée et nous avons connu quelques difficultés à les débusquer pour organiser les premières expositions dans les écoles. Notre « périple » commencé par l’Ecole communale de Flénu puis Basècles, s’est poursuivi par l’exposition de Bonsecours (voir le compte-rendu ci-après) et le camping de la Sablière à Epinois. Traditionnellement Andrée et Michel invitent un groupe d’adultes qui cette année encore s’est montré très intéressé tant par l’animation en salle que par la visite « mycologique » du camping. Pour terminer la saison nous nous sommes rendues à Jemappes. Voici quelques photos prises lors de ces différentes animations.

EXPOSITION DE CHAMPIGNONS À LA MAISON DU PARC NATUREL DES PLAINES DE L’ESCAUT À BONSECOURS
DU 4 AU 7 OCTOBRE


Notre exposition bisannuelle s’est bien déroulée grâce à notre équipe de mycologues Mario Lemaire, Marianne Mabille et Daniel Druart. Le samedi une initiation à la mycologie était organisée en forêt de Bonsecours par le cercle des naturalistes de Belgique (section Hélébore) sous la guidance de Eddy Calonne. Un champignon Leccinum crocipodium assez peu courant a été découvert par un participant lors cette sortie en forêt. Ce champignon à chair de couleur blanchâtre à crème, rosissant puis noircissant rapidement à la coupe et dont les tubes deviennent brunâtres au toucher se développe plus volontiers sur des sols argilo-calcaires ou sablonneux. C'est un bon comestible que certains n'apprécient pas car mangeant avec les yeux, la chair noircissante à la coupe en effraie plus d'un... Voir l’article qui lui est consacré.

Le dimanche le CEAH proposait une sortie familiale dans la forêt de Stambruges sous la guidance de Mario Lemaire, Daniel Druart et Thierry Van de Sype. Tous pouvaient ensuite visiter l’exposition ouverte au public dès le samedi midi et y découvrir les nombreuses espèces trouvées lors des récoltes (voir la liste ci-après). Les lundis et mardis étant consacrés à l’initiation à la mycologie pour les différentes écoles de la région.

Aleuria aurantia, Amanita citrina, A. citrina var. alba, A. fulva, A. lividopallescens, A. musacaria, A. rubescens, A. spissa, A. vaginata, Auricularia auricula-judae, Baeospora myosura, Bolbitius vitellinus, Boletus edulis, B. erythropus, B. pulverulentus, Calocera viscosa, Calvatia excipuliformis, Cantharellus tubaeformis, Clavaria cinerea, Claviceps purpurea, Clavulina cristata, Clitocybe clavipes, C. fragrans, C. nebularis, C. odora, Clitopilus prunulus, Collybia butyracea, C. confluens, C. dryophila, C. fusipes, C. maculata, C. kuehneriana, C. peronata, Conocybe arrhenii, Coprinus atramentarius, C. micaceus, C. picaceus, Cortinarius armillatus, Craterellus cornucopioides, Crepidotus variabilis, Crucibulum laeve, Cyathus striatus, Cystoderma amianthinum, Cystolepiota aspera, Daedaleopsis confragosa, Daldinia concentrica, Echinoderma aspera, Entoloma rhodopolium, Entoloma rhodopolium var. nidorosum, Flammulina velutipes, Fomes fomentarius, Fomitopsis pinicola, Ganoderma applanatum, G. lucidum, Geastrum triplex, Grifola frondosa, Gymnopilus penetrans, Gyroporus cyanescens, Hapalopilus rutilans, Hebeloma sinapizans, Helvella crispa, H. macropus, H. sulcata, Heterobasidion annosum, Hydnum repandum, Hygrophoropsis aurantiaca, Hypholoma fasciculare, Hypoxylon fragiforme, Inocybe asterospora, I. geophylla, I. lilacina, I. maculata, Laccaria amethystea, Lactarius blennius, L. camphoratus, L. helvus, L. pyrogalus, L. quietus, L. rufus, L. tabidus, Leccinum aurantiaca, L. crocipoduim, L. scabra, Lenzites betulina, Lepiota cristata, L. ventriosospora, Lepista inversa, Leucocoprinus brebissonii, Lycoperdon foetidum, L. perlatum, Macrolepiota fuliginosa, Marasmiellus ramealis, Marasmius cohaerens, Megacollybia platyphylla, Meripilus giganteus, Mycena epipterygia, Mycena galericulata, M. pura, M. pura var. rosea, M. vitilis, Nectria cinnabarina, Oligoporus tephroleucus, Otidea onotica, Oudemansiella mucida, O. radicata, Panellus stypticus, Paxillus involutus, Phallus impudicus, Phellinus igniarius, Pholiota apicrea, Pholiota gummosa, Physisporinus sanguinolentus, Piptoporus betulinus, plicaturopsis crispa, Pluteus romellii, P. leoninus, P. cervinus, Polyporus varius, Polyporus varius var.nummularius, Postia caesia, Psathyrella candolleana, P. lacrymabunda, P. prona, Ramaria abietina, Ramaria stricta, Rhytisma acerinum, Russula albonigra, R. brunneoviolacea, R. claroflava, R. drimeia, R. exalbicans, R. fageticola, R. fellea, R. heterophylla, R. krombholzii, R. nigricans, R. ochroleuca, R. parazurea, Rutstroemia echinophila, Scleroderma citrinum, S. verrucosum, Suillus bovinus, S. grevillei, S. luteus, Trametes gibbosa, T. versicolor, Tricholoma pseudoalbum, T. sulphureum, T. ustale, Tubaria conspersa, Tylopilus felleus, Ustillago maydis, Volvariella speciosa, Xerocomus badius, Xerocomus chrysenteron, X. parasiticus, X. pruinatus, Xylaria hypoxylon, X. polymorpha.

mardi 12 août 2014

Bulletin N° 78 - Juin 2014

COMPTE RENDU : STAGE D’ÉCOLOGIE DANS LA FORÊT DE BON-SECOURS

- Bernadette Lamblin -

Le 25 avril, soixante élèves de dernière secondaire du collège Saint-Stanislas de Mons sont venus à Bon-Secours à la Maison du Parc naturel des Plaines de l'Escaut pour un stage d’écologie. La mission de ces élèves divisés en 4 groupes était de suivre un parcours fléché et de répondre aux questionnaires.

Cette animation a été créée en étroite collaboration avec Maga Sirjacobs, animatrice au Parc naturel des Plaines de l'Escaut, qui par sa très bonne connaissance du site a réalisé tous les repérages ayant permis le bon déroulement de cette journée ainsi que proposé de nombreuses animations. Qu'elle en soit ici remercie.

Grâce à une clé de détermination, éditée par la Région Wallonne, ils ont déterminé plusieurs espèces d’arbres et arbustes, mesuré leur circonférence et leur hauteur en utilisant un dendromètre de Franck (Fig. 1). Toutes ces données servant à réaliser des relevés précis et à cartographier les zones délimitées. Une estimation du taux de recouvrement des différentes strates (Fig. 2) venant compléter ce schéma. Il leur a été également demandé d’observer la litière, d’en mesurer l’épaisseur, d’observer et de prélever la ou les différentes couches (horizon) en vue d’un travail en classe, de noter l’état de décomposition et l’essence principale présente (chêne, hêtre,…) à cet endroit. Le dendromètre de Franck est formé d’un triangle rectangle isocèle pourvu d’un tube de visée et d’un fil à plomb. L’observateur vise le sommet de l’arbre en plaçant son œil devant le tube de visée et se déplace par rapport à l’arbre de telle manière qu’il puisse obtenir l’extrémité du plus haut rameau dans son champ de visée. A ce moment, une autre personne vérifie la position du dendromètre en se servant du fil à plomb. Il faut qu’un côté du dendromètre soit parfaitement vertical. La distance qui sépare l’observateur de l’arbre, augmentée de la hauteur de l’observateur, donne avec une bonne approximation la hauteur totale de l’arbre.

Le dendromètre de Franck a également servi à déterminer la hauteur d’une petite butte. Les élèves se sont placés sur le point le plus haut, ils ont visé avec le dendromètre une branche d’un arbre qui se trouvait dans la partie basse, et mesuré d’en bas, en visant ce repère, la distance qui les en séparait. Ils ont pu ainsi déduire la hauteur de la butte qu’ils ont comparée avec les courbes de niveaux indiqués sur la carte.

Durant toute cette journée nous leur avons demandé de bien observer les traces, non seulement celles laissées par les animaux mais également les signes et symboles utilisés par les agents de la DNF (Département de la Nature et des Forêts). C’est ainsi que sur une parcelle très proche de la maison de la forêt, ils ont repéré le sigle représentant un lion. Pour marquer les troncs des arbres à abattre, l’agent de la DNF commence par détacher un morceau d’écorce sur le tronc avec le tranchant de sa hachette. Il marque ensuite l’arbre en frappant ces endroits avec l’autre extrémité de son outil où un signe distinctif figure en relief sur le métal. Pour la Belgique, il s’agit d’un lion. Toute imitation est sévèrement punie.

La lumière, seule source d’énergie de la forêt, est reçue et utilisée pour réaliser la photosynthèse des végétaux qui s’étagent généralement selon les niveaux appelés strates.

La strate arborescente, constituée par les cimes des arbres, absorbe la plus grande partie de la lumière incidente à plus de 7 mètres.
La strate arbustive, formée par les jeunes arbres et les arbustes, n’est présente que sous le couvert léger de certaines essences ligneuses qui laissent filtrer suffisamment de lumière à travers leur cime, de 1 à 7 mètres.
La strate herbacée, qui recouvre le sol, offre des aspects saisonniers caractéristiques très changeants et est constituée de jeunes arbres et arbustes de moins d’un mètre.
La strate muscinale ou niveau des mousses, lichens et champignons pousse au ras du sol.

Une plante faisant partie de la strate herbacée attire l’attention, il s’agit de la bardane séchée. Nous leur avons demandé de dessiner l’infrutescence (ensemble des fruits) ainsi qu’un fruit constitué d’une graine et de son petit crochet lui permettant de réaliser une relation interspécifique (relation entre espèces différentes) appelée zoochorie (transport des fruits par des animaux ou l’homme). Pour la petite histoire Georges de Mestral a inventé la bande autoagrippante en 1941. L'idée lui en est venue lorsque, revenant d'une promenade à la campagne, il remarqua qu'il était difficile d'enlever les fleurs de grande bardane accrochées à son pantalon et à la fourrure de son chien. Il les examina et découvrit la possibilité de faire adhérer deux matériaux de façon simple et réversible. Il développa rapidement la bande autoagrippante et breveta son idée en 1951. De Mestral nomma son invention « Velcro » : Vel de velours (aussi appelé Astrakan) et cro de crochets. De nos jours les applications de ce système sont très nombreuses et le mot velcro est devenu un terme générique pour tous les types de bande autoagrippante.

Vient ensuite une autre observation, celle de gros copeaux de bois auprès d’une grosse branche jonchant le sol. Il s’agit d’un écorçage réalisé par le Pic noir (Dryocopus martius) à la recherche de larves ou de fourmis. Les cratères plus ou moins profonds signalent les endroits où le Pic noir a fait voler le bois en éclats pour accéder aux petits tunnels des larves, où il a ensuite introduit sa langue. Les minuscules trous ronds sont les sorties des galeries d’insectes (des petits veinards qui ont eu la bonne fortune de sortir de la bûche avant l’arrivée du Pic). Sa langue très longue et effilée est d’une grande mobilité. Par un jeu compliqué de muscles et de ligaments, elle peut être poussée très loin hors du bec. Enduite d’une sécrétion visqueuse produite par les glandes salivaires, elle est capable d’aller engluer les insectes jusque dans leur retraite.

Juste en face de l’écorçage se trouve un hêtre isolé, qui n’a pas subi la concurrence de la lumière à cause de la végétation environnante. Il a donc pu s’épanouir harmonieusement en largeur plutôt que de chercher coûte que coûte la lumière au détriment de ses branches basses. Il nous offre une silhouette tout à fait différente que celle qu’il aurait eue dans une hêtraie plus dense.

A divers endroits, les élèves étaient tenus de mesurer la température ambiante et celle du sol, de noter ces relevés pour les comparer ensuite en classe. Ils faisaient de même avec la luminosité sous couvert d’un feuillage plus ou moins dense et sur le chemin, là où la lumière arrive au sol. L’heure et la position sur la carte étaient systématiquement notés.

Un peu plus loin, un paysage très différent s’offre à notre vue, constitué de « bosses » et de « fonds ». Nous demandons aux élèves munis d’un peu d’acide chlorhydrique et d’un morceau de verre de suivre la procédure qui va leur permettre, grâce au tableau simplifié de la détermination des roches, de trouver la nature des roches présentes en ces lieux. Il s’agit du grès. A l’époque de l’éocène (ère tertiaire) la mer occupait la région à cet endroit et, avant de se retirer, elle y a déposé des sables Landéniens. C’est ce qu’ils ont pu découvrir en observant les documents mis à leur disposition qui schématisaient les terres immergées au cours des temps géologiques. Au moyen âge, les « manants » en quête de matériaux de construction, creusaient le sable et ramassaient les grès, d’abord, en lisière et les clairières de la forêt, ensuite dans la forêt même. Les traces de leurs activités sont encore visibles aujourd’hui sur la crête et le « Plateau du Manège » et confèrent à l’endroit un relief bosselé. Ces grès serviront à bâtir les habitations des communes des environs.

La comparaison entre une photo datant du siècle passé et l’observation sur le terrain actuellement montre qu’à cet endroit l’homme a encore une forte influence sur le paysage. C’est un site « privilégié » pour la pratique du VTT.

Le long du chemin, une bande sablonneuse attire l’attention des adolescents car des petits trous y sont creusés. C’est une abeille solitaire, probablement l’abeille des sables (Andrena cineraria), qui creuse son nid dans le sol sous forme de galerie simple se ramifiant en plusieurs cellules. Chaque terrier se ramifie vers une dizaine de cellules où la femelle pond un œuf et entasse une réserve de pollen et de nectar pour le développement de la larve. Certaines espèces d'abeilles-coucous parasites profitent de l'absence de l'Andrène pour pondre dans le terrier.

La souche d’un arbre récemment coupé a permis aux élèves d’en déterminer l’âge, en comptant le nombre de cernes annuels. Le bois formé au cours d’une année comporte deux zones distinctes : le bois de printemps constitué de nombreux vaisseaux conducteurs de sève et d’un petit nombre de fibres (cernes étroites et foncées) et le bois d’été qui contient moins de vaisseaux conducteurs et beaucoup de fibres (cernes plus larges et plus clairs).

Des cônes de pin au pied d’un hêtre méritent une petite réflexion. En cherchant bien, il s’agit d’une forge. Ces « ateliers » sont typiques du pic épeiche, grand amateur de graines de conifères, mais ils sont parfois utilisés par d’autres espèces. La forge de l’épeiche se remarque, au pied d’un arbre, par un amas de cônes de résineux déchiquetés. Plus haut, dans les crevasses de l’écorce, d’autres cônes sont également coincés.

D’un arbre résineux du voisinage le pic détache un cône et le transporte au bec (parfois dans les pattes) jusqu’à son établi. Là, après avoir jeté l’ancien hors de son étau, il fixe son butin et ouvre méthodiquement les écailles pour en avaler les graines. Il a terminé en cinq minutes et repart chercher un nouveau cône. Il fait de même avec les galles, les noyaux, les fruits… Chaque individu possède plusieurs forges disséminées sur son domaine vital. En cherchant un peu, nous avons trouvé son nid à une trentaine de mètres à la lisière des conifères.

La forêt peut dans certains cas être sculptée et l’on observe très facilement les marques laissées par le chèvrefeuille. Ces cicatrices caractéristiques sur l’écorce d’un arbre proviennent de la déformation par l'enlacement d'un chèvrefeuille, plante ligneuse, qui pousse en tournant autour du tronc dans le sens des aiguilles d’une montre en suivant le soleil et formant un garrot. Ces branches ainsi déformées sont recherchées pour la fabrication de cannes. Les agents de la DNF coupent cette liane pour limiter les dégâts sur la croissance de l’arbre. Cette opération doit être régulièrement réitérée car chaque année le chèvrefeuille tente une nouvelle ascension.

Certaines plantes très ingénieuses trouvent une parade afin de fructifier avant que le reste de la végétation les recouvre empêchant alors la photosynthèse de se faire. Au soleil d’avril, ce sont les fleurs blanches de l’anémone Sylvie et les étoiles jaunes des ficaires fausses-renoncules qui apparaissent en premier. Ce sont les réserves présentes au niveau racinaire qui leur permettent cette précocité. En mai les clochettes bleues de la jacinthe des bois prennent le relais, puis vient le temps du muguet.

Une fois les plantes présentes en tapis fleuri, dessinées et observées à l’ombre et dans les endroits ensoleillés, il est temps de prendre en compte une donnée très importante : le pH (mesure d’acidité du sol) qui va influencer la diversité des espèces dans les différentes strates. Plusieurs mesures en différents endroits du parcours complètent les données déjà engrangées.

Autre endroit très intéressant, le site dit des « arbres chandelles ». Grâce à une photo aérienne et à l’observation du site, ils ont écrit l’histoire du lieu. En fait, sur la photo aérienne, on voit très clairement une « coupe à blanc ». Les arbres situés en lisière ont subi de ce fait de plein fouet les intempéries auxquelles ils n’étaient pas préparés, ce qui a causé de gros dégâts au niveau de la couronne allant jusqu’à l’étêtement. On constate actuellement que le front continue à avancer au fur et à mesure de l’exposition de la rangée suivante. Dans ce lieu, on peut trouver des mousses et des lichens, faisant partie de la strate muscinale, ce qui permet aux élèves de les observer et de comparer leur mode de vie.

Un arbre couché leur donne l’occasion de découvrir les acteurs qui interviennent dans sa décomposition (champignons, insectes, pics,…) et l’importance de laisser des grumes sur place. Selon la législation, il faut au moins un arbre « affaibli » pour deux hectares marqué d’un triangle non fermé à la base et au moins deux arbres morts à l’hectare marqués d’un triangle fermé pour assurer au minimum le « stock » carbone de la forêt et permettre la biodiversité.

Le cycle du carbone est très important et cet endroit se prête particulièrement bien à son explication. En effet, un petit terril exploité dans les années 1730-1781 à proximité nous permet de rafraichir les mémoires sur le passé minier de la région et de comparer les moyens d’exploitation de cette époque et ceux mis en œuvre lors de l’exploitation des terrils dans le Borinage ou ailleurs dans les années 1950 et de mieux comprendre le côté « modeste » de la butte.

L’origine du charbon et les problèmes liés au réchauffement climatique font l’objet de toute notre attention. Le carbone piégé durant des décennies dans le sol et remis en « circulation », de façon brutale, depuis l’époque de la révolution industrielle contribue pour une bonne part à l’effet de serre.

Une mare temporaire peuplée d’œufs de grenouille nous a permis d’aborder le thème du milieu aquatique et de comparer « grenouilles et crapauds » (les anoures) et « salamandres et tritons » (les urodèles) du point de vue mode de vie, reproduction, site d’hivernage, migration, et d’informer les élèves sur leur statut d’« animaux protégés » en Belgique.

On en vient ensuite aux problèmes des plantes invasives, sans vraiment entrer dans les détails. Les scientifiques ont défini les plantes invasives selon des critères bien précis.

Une plante invasive est une espèce végétale :

• introduite par l’homme de manière volontaire ou accidentelle en dehors de son aire de répartition naturelle (c’est une espèce dite « exotique ») ;
• capable de maintenir des populations viables dans les milieux naturels ;
• qui présente d’importantes capacités de dispersion conduisant à une expansion des populations ;
• qui tend à former des populations denses qui dominent et éliminent progressivement les espèces indigènes.

Ces plantes invasives posent avant tout des problèmes écologiques. Une fois installées dans la nature, elles dominent la végétation en formant des tapis denses et continus. Elles prennent la place des plantes indigènes et leur développement peut ainsi conduire à une diminution de la biodiversité. Certaines de ces plantes produisent des substances toxiques qui empêchent ou diminuent la croissance des autres végétaux. C’est le cas de la Renouée du Japon (Fallopia japonica) classée en liste noire et qui est très présente le long du sentier qui mène à l’arboretum.

Autre plante invasive, l’érable à feuilles de vigne ou érable jaspé de gris (Acer rufinerve) qui, de bonne foi, a été introduite dans l’arboretum par l’agent des forêts de l’époque dans les années 1950 – 1970. N’ayant pas trouvé le terrain favorable, elle s’est « échappée » et a colonisé d’autres endroits de la forêt de Bon-Secours, parfois très loin de son point de départ (voir article dans le prochain bulletin).

Le sol n’étant pas qu’un support, il a retenu toute l’attention des élèves qui ont procédé à un « carottage » de plus d’un mètre de profondeur. Les échantillons prélevés ont été placés dans des sacs en plastique dans le but d’être observés en classe. L’animation s’est terminée par une identification sommaire de la pédofaune piégée à l’aide de l’appareil de Berlez et des informations sur le rôle essentiel du ver de terre.

En conclusion, une journée bien remplie qui avait pour objectif de sensibiliser ces futurs diplômés à l’écosystème forêt en les initiant à la gestion forestière, à l’identification des facteurs intervenant dans la décomposition de la litière, à l’étude des relations intra- et interspécifiques, à la recherches des traces animales et autres ainsi que sur le danger des plantes invasives. L’étude des facteurs édaphiques, biotiques et abiotiques étant également très importante dans la compréhension de cet écosystème particulier qu’est la forêt.

Nous remercions les professeurs, Mesdames Fontaine et Barone pour leur implication dans la préparation de cette journée ainsi que pour leur enthousiasme.


Bibliographie

Quintart, Une maison pour une forêt - Bon-Secours, Ministère de l’Education nationale et de la Culture française. Edité précédemment dans la revue des Naturalistes Belges.

C. Keulen, Guide pour une promenade en forêt de Bon-Secours (Péruwelz), 1986, Liège-Environnement

Centre technique de l’enseignement de la communauté française, Ecologie de la forêt, Ministère de l’éducation, de la recherche et de la formation

Nombreuses photos et illustrations dans le bulletin N° 78 du CEAH

jeudi 9 janvier 2014

Bulletin N° 76 - Décembre 2013

VISITE AU JARDIN BOTANIQUE DE MEISE - Robert Fourneau -

Ce dimanche 16 juin, une délégation du C.A. a participé à la visite guidée du Jardin Botanique National de Meise dans le cadre d'une manifestation destinée à fournir des fonds à OXFAM pour l'organisation de sa marche dans les Hautes Fagnes à la fin du mois d'août.

En plus de la visite des serres magnifiques présentant les plantes des différents biotopes mondiaux et des jardins aménagés dans les anciennes prairies attenant aux châteaux de Meise (disparu actuellement) et de Bochout (qui vaut la visite), notre but était principalement de se rendre compte des immenses possibilités des herbiers et d'y retrouver ceux légués par feu notre vice-président, le botaniste Jacques Duvigneaud et par feu notre secrétaire-fondateur du C.E.A.H., le Professeur Pierre Piérart.

Bulletin N° 76 - Décembre 2013

COMPTE RENDU DES ANIMATIONS DE LA SAISON « CHAMPIGNONS » - Bernadette Lamblin -

Fin octobre nous avons clôturé nos animations sur le thème des champignons. Celles-ci connaissent toujours un vif succès auprès des enseignants et des élèves. Une fidélisation s’est installée, c’est ainsi que nous retournons tous les ans à l’Institut Saint-Ferdinand de Jemappes, au camping de la Sablière à Epinois et tous les deux dans d’autres écoles telles que celles du groupe scolaire Barigand de Ghlin, de l’école communale de Baudour ou de l’Institut Saint-Joseph de Saint-Ghislain. Cette année, l’Athénée Royal de Saint-Ghislain nous a sollicités pour la première fois, les élèves avaient participé au printemps aux animations sur la mare à Epinois.

Comme en 2011, notre exposition de champignons frais, ouverte au public le week-end, s’est déroulée du 19 au 22 octobre dans la salle «la Grange » de Beloeil. Cette date correspond au week-end au bois organisé par les guides Pro-Natura en collaboration avec l’Office du Tourisme de Beloeil. Cette activité amène toujours beaucoup de participants, pas moins de 114 personnes ont répondu présents à la balade découverte des champignons le dimanche matin à Stambruges. Il y avait sept guides dont trois du CEAH. Cette balade, couplée avec la visite de l’exposition démarrait de la salle, un bus de la commune était prévu pour faire la navette jusque Stambruges. Au retour le verre de l’amitié a été offert par l’Office du Tourisme.

Les visiteurs ont pu observer pas moins de 163 espèces de champignons, en voici la liste :

Abortiporus biennis, Agaricus bitorquis, A. silvicola, Armillaria mellea, Amanita battarae, A. ceciliae, A. citrina, A. fulva, A. junquillea, A. muscaria, A. phalloides, A. rubescens, A. spissa, Astraeus hygrometricus, Auricularia auricula-judae, Baeospora myosura, Bjerkandera fumosa, Boletus edulis, B. erythropus, Calocera viscosa, Calvatia excipuliformis, Cantharellus cibarius, C. tubaeformis, Chlorociboria aeruginascens, Chroogomphus rutilus, Clavariadelphus pistillaris, Clavulina cinerea, C. cristata, Clavulinopsis helvola, Clitocybe clavipes, C. fragrans, C. geotropa, C. nebularis, C. odora, C. rivulosa, C. vibecina, Collybia butyracea, C. confluens, Coprinus comatus, Cortinarius alboviolaceus, C. delibutus, C. elatior, C. xanthophyllus, Craterellus cornucopioides, Crucibulum laeve, Cyathus striatus, cystoderma amianthinum, Cystolepiota aspera, C. seminuda, Dacrymyces stillatus, Daedaleopsis confragosa, Daldinia concentrica, Fomitopsis pinicola, Galerina marginata, Ganoderma applanatum, G. lucidum, Geastrum sessile, G. triplex, Grifola frondosa, Gymnopilus penetrans, Gyroporus cyanescens, Hapalopilus rutilans, Hebeloma mesophaeum, H. radicosum, Helvella crispa, Heterobasidion annosum, Hydnum repandum, H. repandum var. rufescens, Hygrocybe conica, H. pseudoconica, H. quieta, Hygrophoropsis aurantiaca, Hygrophorus pustulatus, Hypholoma fasciculare, Hypoxylon fragiforme, Laccaria amethystea, L. laccata, Lactarius blennius, L. controversus, L. glyciosmus, L. necator, L. semisanguifluus, L. tabidus, L. subdulcis, L. torminosus, L. vellereus, laetiporus sulphureus, Leccinum aurantiaca, L. scabra, Lepista flaccida, Lepista inversa, L. nuda, Lycoperdon mammiforme, L. perlatum, L. piriforme, Lyomyces sambuci, Lyophyllum decastes, Macrocystidia cucumis, Macrolepiota fuliginosa, Meripilus giganteus, M. tremellosus, Mutinus caninus, Mycena crocata, M. Galopus, M. inclinata, M. pelianthina, M. polygramma, M. rosea, Nectria cinnabarina, Otidea alutacea, Otidea onotica, Oudmensiella mucida, O. pudens, O. radicata, Panellus stypticus, Paxillus atrotomentosus, P. involutus, Phlebia radiata, Pholiota gummosa, P. mutabilis, P. squarrosa, Piptoporus betulinus, Pisolithus tinctorius, Pleurotus ostreatus, Pluteus cervinus, Polyporus badius, P. durus, P. varius, Postia caesia, Psathyrella conopilus, P. piluliformis, Psilocybe squamosa, Ramaria stricta, Rhodocybe gemina, Rhodotus palmatus, Rozites caperata, Russula cutefracta, R. cyanoxantha, R. exalbicans, R. fellea, R. heterophylla, R. nigricans, R. ochroleuca, R. queletii, R. velenovskyi, Rutstroemia echinophila, Sarcodon imbricatus, Scleroderma citrinum, Stereum sanguinolentum, Stropharia caerulea, Suillus grevillei, Trametes gibbosa, Tricholoma cingulatum, T. pseudoalbum, T. saponaceum, T. scalpturatum, T. sulphureum, Tricholomopsis rutilans, Xerocomus badius, X. chrysenteron, Xylaria hypoxylon, X. polymorpha.

Le lundi et le mardi, de nombreuses classes sont venues suivre l’initiation à la connaissance des champignons à la salle « la Grange » et sur le terrain dans le parc du château de Beloeil. Durant ces quatre jours le concierge nous a confié la clef du parc. Nous y avons accueilli des écoles primaires de l’entité de Beloeil ainsi que des secondaires de l’Athénée Royal de Mons et du Centre éducatif Saint-Pierre de Leuze.

Un tout grand merci à Mario Lemaire, sans qui cette exposition n’aurait pu avoir lieu, il a amené et identifié la majorité des espèces. Nous remercions également les Guides-Nature des collines pour leur récolte déterminée, Jean et Francine Lhoëst et Willy Snauwaert le « Sanglier des Ardennes » qui répondent toujours présents pour récolter des champignons dans la région de Couvin.

Bulletin N° 76 - Décembre 2013

LE VALLON KARSTIQUE DE MARCINELLE-LOVERVAL - Robert Fourneau -

Descendant de la crête de Haute-Marlagne (vers 220 mètres), un ruisseau pérenne coulant du sud vers le nord dans les terrains gréseux avec poches de minerai de fer du Devonien, le Ruisseau de la Ferrée sur le territoire de Nalinnes, atteint à la limite de cette localité et de celles de Loverval à l'ouest et de Marcinelle à l'est, la zone des terrains calcaires du Carbonifère viséen de la Basse-Marlagne située quelques dizaines de mètres plus bas. Là il s'engouffre dans toute une série de chantoirs impressionnants par leur profondeur et leur largeur de plus de 5 mètres chacun en devenant une rivière souterraine mais dont un cours aérien très intermittent a réalisé un vallon sec dans le même axe, appelé le Ruisseau de Borgnery.

Dans ce vallon le nombre de phénomènes karstiques est considérable à partir de là où il réapparaît en une première résurgence au pied de la carrière abandonnée de Borgnery de triste réputation pour avoir servi de lieu d'exécution par les Nazis de résistants locaux à la fin de la seconde guerre mondiale et auxquels un monument rend hommage.

Dans cette vallée à ruisseau à nouveau pérenne devenu le Ruisseau des Haies, plusieurs autres résurgences apparaissent surtout du côté du versant oriental et le chemin qui suit le fond de la vallée est souvent affecté par des incisions concaves de la berge sous l'effet de l'érosion régressive correspondant au recul des cours souterrains de ces petits affluents résurgents suite à l'érosion régressive normale de chaque cours d'eau. Certaines de ces petites résurgences ne sont actives qu'en période de forte pluviosité mais à quelques mètres de hauteur par rapport à ces petites résurgences actives, à flanc de versant, s'ouvrent quatre cavités importantes connues dans la région sous le nom de Grottes des Sarrasins, espacées entre elles d'une dizaine de mètres et de quelques mètres en altitude de l'amont vers l'aval. Toutes portent des traces d'écoulements d'eau anciens sortant du plateau calcaire dominant et se terminant par une corniche partiellement démantelée. La plus importante est la plus septentrionale par son couloir désobstrué sur une dizaine de mètres horizontalement et se terminant à l'orifice par une série de coups de gouge, petites incisions parallèles superposées et concaves sur le flanc méridional du couloir, témoins du clapotis des sorties d'eau à ces niveaux successifs autrefois; un cône de déjection prolonge cette grotte-abri sous roche à ses pieds et les contours rocheux enserrant cette résurgence fossile témoignent par la disposition des anciennes parois d'un grande voûte qui s'avançait autrefois beaucoup plus près du centre de la vallée.

A la fin de la zone calcaire vers le sud, la vallée appelée alors définitivement Ruisseau des Haies, s'élargit fortement mais de façon asymétrique laissant le calcaire sur sa rive occidentale et dégageant les terrains de sa rive orientale en suivant une faille de décrochage entre des entités géologiques différentes. Là les terrains sont en versants particulièrement abrupts dans une première rive concave façonnés dans les grès à phtanites du Houiller inférieur.

Au-delà des calcaires de la rive occidentale, dans les schistes du Houiller cette fois, s'est modelé un vallon sans nom au départ suivant une faille oblique rejoignant la faille principale sud-nord. Ce vallon à ruisseau pérenne que nous appellerons vallon des Templiers, à fond imperméable a permis à des moines-Templiers de réaliser des petits barrages pour étangs de pisciculture près de l'installation de leur obédience sur l'éperon calcaire qui le domine en site de défense. De nombreuses traces de leurs anciens bâtiments dont les vestiges de la base de leur chapelle sont encore visibles.

De plus le groupe des participants a pu voir perdus dans les hautes herbes et peu connus du grand public, les restes fracturés à la fin du XIXème siècle par les autorités religieuses locales, d'un menhir en roche du type bloc mamelonné de grès pédologique landenien, pris dans les terrains meubles du plateau surincombant, attestant ainsi d'une occupation humaine très ancienne sur cet éperon calcaire.

Avec ses grottes où on y a découvert des restes d'hommes préhistoriques ce vallon et ses versants ont favorisé des époques d'occupation humaine pratiquement permanente depuis sa formation; c'est maintenant un site classé et un trajet de promenade pédagogique d'importance dans la ceinture verte botanique et forestière au sud de Charleroi mais il y a quelques dizaines d'années, il y avait un gros problème de pollution. En effet la vallée du Ruisseau des Haies aboutit avant sa confluence avec la Sambre dans les étangs d'agrément du Centre de délassement de Marcinelle. Ils ont été ainsi pollués sans savoir pourquoi par les organisateurs de ces activités en aval puisque les eaux sortaient "normalement" de "sources" en amont au niveau des grottes. L'étude du vallon karstique a montré qu'elles sortaient en réalité de résurgences du Ruisseau souterrain de Borgnery-la Ferrée et que celles-ci étaient alimentées au grand chantoir de La Ferrée (perte d'eau en région wallonne) par les eaux du même ruisseau venant de Nalinnes dans lequel se déversaient les eaux usées laiteuses d'une laverie de laiterie qui traversaient en souterrain les terrains calcaires pour alimenter les résurgences. Heureusement ce problème a été actuellement résolu.

Bulletin N° 76 - Décembre 2013

Compte-rendu du stage à L’Abbaye de Saint-Denis du 8 au 12 juillet - Bernadette Lamblin -

Pour la troisième fois nous avons donné rendez-vous au Petit Prince de Saint-Exupéry à l’Abbaye de Saint-Denis pour qu’il rythme nos journées d’animations au gré de son imagination. 13 enfants ont ainsi pu découvrir au fil des jours quelques petits secrets de cette si belle nature et surtout se rendre compte de la fragilité de l’équilibre de la biodiversité et de l’importance de respecter notre environnement et de le protéger.

L’année dernière, suite à une période très humide nous avions baptisé ce stage « année des escargots ». Cette fois c’était plutôt l’année des abeilles… En effet, nous étions dans la cour lorsqu’un essaim d’abeilles a commencé à tournoyer autour de nous. Il s’agissait de l’essaimage d’une ruche située dans l’enceinte même de l’Abbaye et appartenant à Muriel Baudouin qui est arrivée très rapidement sur les lieux. Les enfants étaient aux premières loges pour assister à la récupération de l’essaim. Malheureusement en vain car il était placé très haut (plus de 6 mètres) et, après plusieurs essais, l’essaim s’est envolé. Quelques jours après, Muriel Baudouin est revenue sur le site visiter ses ruches et elle en a profité pour apporter aux stagiaires un pot du miel de ses abeilles. Ils l’ont dévoré en 20 minutes…

Merci beaucoup à Claude Laitem, qui fait partie des amis de l’Abbaye de Saint-Denis, et aux habitants du site qui nous accueillent chaque année de manière très sympathique et avec qui nous développons de plus en plus de contacts.

Annonce : notre prochain stage à l’Abbaye de Saint-Denis se déroulera du 14 au 18 juillet 2014.